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Articles

Affichage des articles du décembre, 2016

Parages des voies mortes (William S. Burroughs)

Cure de désyntaxication

….Fantôme influent de la sphère occidentale de l’imaginaire commun, William S. Burroughs dont les ouvrages ne prétendent pourtant guère au cycle de l’action conditionné, y est partout présent. Ou presque : acteur chez Gus Van Sant (par exemple), leading role d’un biopic pour Cronenberg sous les traits de Peter Weller, en arrière-plan dans nombre de BD : Watchmen, The Exterminators (Simon Oliver + Tony Moore), L’Odeur des garçons affamés (Pour en savoir +), Black Hole (celui de Charles Burns), etc

Il est même au centre d’une campagne de publicité de l'équipementier NIKE (un rôle à contre-emploi, pour le moins) ; tout en collectionnant à partir de 1967, les occurrences étranges du chiffre « 23 », avec un pied dans l’industrie musicale. 

La carte n’est pas le territoire

….Bande dessinée encore, puisque j’en suis venu à lire PARAGES DES VOIES MORTES après avoir découvert quelques numéros de la maxi-série de Jamie Delano OUTLAW NATION, en même temps que j’apprenai…

BFI : Les classiques du cinéma (BRAZIL)

BFI : Les Classiques du cinéma n°3 (BRAZIL) 

Quand les distributeurs américains de Brazil (1985) ont vu le montage européen du film de Terry Gilliam, ils se sont extasiés de sa maestria visuelle, mais ont exigé de nombreuses coupes. La guérilla menée par Gilliam pour préserver l’intégrité de son film fut couronnée de succès et rentra dans la légende d’Hollywood. Brazil est désormais reconnu comme l’un des plus grands films de science-fiction de ces trente dernières années et comme le film clé de la carrière légendaire de Gilliam. 

• Paul McAuley retrace le cours de la production et l’accueil critique, analyse l’imagerie rétrofuturiste et les scènes originales du film tout en démêlant sa toile narrative complexe faite d’accidents, de coïncidences et d’allusions. Explorant des thèmes comme le coût de la collusion avec le pouvoir et la puissance et l’usage du fantastique, ce motif récurrent de la filmographie de Gilliam, McAuley étudie la relation que le film entretient avec le courant dy…

INCORPORATED (S01-E03+04)

Après deux épisodes supplémentaires, Incorporated confirme tout le bien que j'en pensais (Pour en savoir +).

....L'arrière-plan socio-politique qui se précise n'est pas sans rappeler l'excellente série de Greg Rucka & Michael Lark, Lazarus (publiée par Image et par Glénat), tout en restant à bonne distance du traitement que le comic book a choisi. 

La personnalité respective des différents personnages se précise, et le scénario n'hésite pas à ouvrir plusieurs intrigues de front, ce qui donne un rythme sans temps mort. D'autant que chaque épisode est finalement assez court : une quarantaine de minutes, récapitulation comprise. Inutile de vous dire que le temps file à toute allure.
S'il y a un paquet de bonnes idées à chaque fois, l'une d'entre elles est particulièrement efficace. 
Il s'agit de rythmer l'épisode avec de fausses publicités pour tel ou tel produit ou service ; non seulement certains d'entre eux font froid dans le dos, mais e…

LATIUM t.1 (Romain Lucazeau)

«Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions des mœurs, déplacements de races et de continents : je croyais à tous les enchantements.» Arthur Rimbaud, Une saison en enfer. ______
….Depuis la fin des années 1920 (au moins) le mot science-fiction a fait fortune, même s’il n’a pas forcément fait celle de ceux qui en ont fait ce qu’il est aujourd’hui. 
On ne sait pas trop bien ce qu'il veut dire. Le genre que nous aimons est rarement lié à la science, pas toujours à la fiction. Mais il faut croire que le tout est plus grand que les parties qui le composent ! 

Toutefois certaines parties sont plus saillantes que d’autres.
De ce que je peux en juger Romain Lucazeau plonge son histoire dans le mégatexte qui fait de la science-fiction ce qu’elle est, et plus particulièrement ce qui a trait au space opera et aux I.A., mais à l’instar de la philosophie de Leibnitz ou du théâtre de Corneille …

BERLIN STATION (S01-E10/Final)

…. Le 1er épisode de Berlin Station ne faisait pas dans la ½ mesure pour retourner en sa faveur n’importe quel spectateur ayant eu l’idée de s’y intéresser (Pour en savoir +). 
Mécanique de précision, les neuf suivants devaient remonter le fil des événements qui avaient menés à l’acmé dramatique dudit épisode, et n’avaient donc pas droit à l’erreur. 

…. Le dixième & dernier épisode sanctionne - ce que les précédents laissaient prévoir – une saison exemplaire. 
Berlin Station a, en substance, réussi à proposer une série ludique alliant le fond commun de l’espionnage de la « guerre froide », aux questions contemporaines qui agitent le milieu du renseignement, et en premier lieux les « lanceurs d’alerte » et les conséquences de leur engagement. 
Sans être pour autant un pensum, elle autorisait quiconque voulait s'y plier d'y réfléchir aussi. 
Je ne dois pas être le seul à avoir apprécié les tribulations de nos espions placés sous le commandement d’Olen Steinhauer, par ailleurs rom…

L'Odeur des garçons affamés (Loo Hui Phang & Frederik Peeters)

Texas, 1872. Oscar Forrest, photographe, répertorie les paysages de l'Ouest pour le compte du géologue Stingley. Entre Oscar et Milton, jeune garçon à tout faire du groupe, s'installe une relation ambiguë. ... Alors qu'autour de l'expédition, rôdent un inquiétant homme en noir et un Indien mutique.  ….Si Loo Hui Phang a écrit un western éloigné de ce à quoi une grande partie du genre nous avait habitués, en lisant L’Odeur des garçons affamés j’ai senti comme une affinité certaine avec le « western » écrit quelques années plus tôt (1983) par William S. Burroughs, intitulé Parages des voies mortes* (Place of Dead Roads). Même place accordée à l’onirisme & à la magie, présence affichée et revendiquée de l’homosexualité, et de façon plus anecdotique chez Burroughs (mais pour le coup très saisissant) du truquage photographique.

Reste que le scénario du western dessiné par Frederik Peeters est loin, très loin, d’être un plagiat du roman de Burroughs. Et quand bien même, c…

Mr Wolff (Gavin O'Connor/Bill Dubuque)

REALISATEUR :Gavin O'Connor (Warrior, Jane got a gun...) 
SCENARISTE :Bill Dubuque
DISTRIBUTION :Ben Affleck, Anna Kendrick, J.K. Simmons, Jon Bernthal, Jeffrey Tambor, John Lithgow...

•SYNOPSIS :  Petit génie des mathématiques, Christian Wolff est plus à l'aise avec les chiffres qu'avec les gens. Expert-comptable dans le civil, il travaille en réalité pour plusieurs organisations mafieuses parmi les plus dangereuses au monde. Lorsque la brigade anti-criminalité du ministère des Finances s'intéresse d'un peu trop près à ses affaires, Christian cherche à faire diversion : il accepte de vérifier les comptes d'une entreprise de robotique ayant pignon sur rue. ____________________________
INFOS :
Long métrage américain
Genre : drame/thriller
Titre original : The Accountant
Année de production : 2016
Durée : 2h08
Mr Wolff ou lorsque Raymond Babbitt (Rain Man) rencontre Casey Ryback(Piège en haute mer) lors d’un bilan comptable très arrosé (de plomb). 

….Sur un scénario qui s’a…

All-New Invaders (J. Robinson/S. Pugh) : Dieux et soldats

« En fait, quel est le travail de l’écrivain, sinon choisir, raccourcir, réorganiser des matériaux qui sont à sa disposition. » William S. Burroughs
Entre l’élan et le néant

....Les Envahisseurs (alias The Invaders) est une équipe inventée en 1969 à partir d’un matériau de base antérieur – la All-Winners Squad parue au milieu des années 1940 (Pour en savoir +) – par Roy Thomas, l’alchimiste-en-chef de la Marvel des seventies
Dans une logique alchimique identique, transformer des personnages de l’Âge d’or en personnage de l’Âge d’argent, il a inventé, l’année précédente, la Vision à partir d’Aarkus.
Mais là où la Vision s’insérait dans l’époque contemporaine de son invention – en intégrant l’équipe des Vengeurs – les Envahisseurs sont l’occasion pour Thomas de réécrire l’Histoire (avec une grande hache), en les installant au cœur de la Seconde guerre mondiale, conflit dans lequel ils prendront une part très active. 

…. Volontaire d’office ou pas James Robinson applique un plan dialecti…

Une (des) revue(s) kiosque(s) en pagaille

ALL-NEW IRON MAN & AVENGERS Hors-série n°2 Publication irrégulière de 128 pages pour 5,70€
Le nouvel Escadron Suprême est constitué de survivants des mondes détruits au cours d'Avengers : Time Runs Out. Ils en veulent tous aux Illuminati et sont prêts à défendre le nouveau monde de leur influence néfaste. Sortie le 14/12/2016  ….Adoptant un schéma tactique dont la symétrie avec l’une ou l’autre incarnation de la Ligue de Justice d’Amérique de la Distinguée Concurrence n’est rien moins que fortuite (et pour cause), le scénariste James Robinson redonne à L’Escadron Suprême un peu de visibilité bienvenue sur une série à suivre. 
Une équipe qui a par ailleurs connu dans le passé un run d’anthologie en adaptant sous la houlette du regretté scénariste Mark Gruenwald, les univers dystopiques de 1984 et de Le Meilleur des mondes à celui des super-héros. 
Une maxi-série qui a précédé de peu - et pourquoi pas influencé - une autre maxi-série avide d’effets de réel : Watchmen.
Aufhebung*

Chance S01-E05 (Kem Nunn/Hugh Laurie)

Electric Pow Wow Drum* par A Tribe Called Red (Pour en savoir +)
« Les gens parlent de self-défense. La self-défense est une connerie. Si je me défends, je perds. Je veux que l'autre gars se défende alors que j’attaque. Ça ne fait aucune différence combien d'individus j’affronte. Je veux qu'il se défendent tous parce que cela signifie que je dicte l'action. Je suis le « pourvoyeur » (feeder). Tant que je suis le pourvoyeur, je gagne. Je me fiche qu'ils soient une douzaine. En ce moment, ce flic est le pourvoyeur. Vous êtes le « receveur ». Vous devez inverser la situation. » ….Si la série Chance s’appuie sur une valeur sûre, Hugh Laurie (alias Eldon Chance), un rôle très éloigné de celui du docteur House malgré une proximité apparente (ils sont médecins tous les deux), elle révèle un second rôle qui est bien près de lui piquer la place principale.  En effet, « D », une sorte de survivaliste urbain au passé militaire avéré, prodigieusement interprété par Ethan Suplee,…

Scènes de crime (Schoendoerffer/Brion/Douyère)

….Cité dans (l’excellent & indispensable) « Le Cinéma Français c’est de la Merde » (Pour en savoir +), Scènes de crime de Fréderic Schoendoerffer, film dont je n’avais même pas le souvenir d’en avoir entendu parler est pourtant une jolie pépite qui s’inscrit dans ce qu’on appelle en littérature le « rural noir ».
Polar naturaliste si j’ose dire, montrant déjà une très belle maîtrise cinématographique en tant qu’elle ajoute une plus-value à l’interprétation (magistrale, et je pèse mes mots) des deux rôles principaux alias Charles Berling & André Dussolier, ainsi qu’à un scénario très astucieux qui rebondit là où je ne l’attendais pas (et vous non plus vous ne vous y attendrez pas).
.... Âpre, violent, sans concession (enfin si, une ou deux quand même, on est dans un long-métrage), Scènes de crime est un coup de surin dans la carotide de la réalité, un film qui promène un pur corps de fiction dans un environnement dont l’esthétique et le contrat sont de type documentaire ; et qu…

LA VISION (Tom King/Gabriel Hernandez Walta/Jordie Bellaire)

….Programmée comme une série à suivre au long cours (ongoing), La Vision de Tom King & Gabriel Hernandez Walta, est devenue entre temps une maxi-série de 12 épisodes. 
Les choses ont en effet évolué suite au mercato que le lancement – chez la Distinguée Concurrence – de Rebirth, n’a pas manqué de créer ; et c'est nanti d’un contrat d’exclusivité, que Tom King est passé « à l’ennemi » tout en déclarant : « [..] je m’en vais après le douzième numéro. Nous avons terminé l’histoire que nous voulions raconter sans aucun compromis ». 
Nous voilà rassurés. 

La série qui met donc en scène la Vision en ce début de vingt-et-unième siècle ; un être artificiel dont les origines remontent à l’Âge d’or des comic books remis au goût du Silver Age en 1968 grâce à Roy Thomas & John Buscema, en fait - une nouvelle fois - un chef de famille. 
Mais cette fois, il s’agit d’une famille de synthézoïdes©™. 

Une approche beaucoup plus politiquement correct, tout en ouvrant le champ des possibles sur de…