samedi 31 décembre 2016

Parages des voies mortes (William S. Burroughs)


Cure de désyntaxication 

…. Fantôme influent de la sphère occidentale de l’imaginaire commun, William S. Burroughs dont les ouvrages ne prétendent pourtant guère au cycle de l’action conditionné, y est partout présent. Ou presque : acteur chez Gus Van Sant (par exemple), leading role d’un biopic pour Cronenberg sous les traits de Peter Weller, en arrière-plan dans nombre de BD : Watchmen, The Exterminators (Simon Oliver + Tony Moore), L’Odeur des garçons affamés (Pour en savoir +), Black Hole (celui de Charles Burns), etc

Il est même au centre d’une campagne de publicité de l'équipementier NIKE (un rôle à contre-emploi, pour le moins) ; tout en collectionnant à partir de 1967, les occurrences étranges du chiffre « 23 », avec un pied dans l’industrie musicale. 

La carte n’est pas le territoire 

…. Bande dessinée encore, puisque j’en suis venu à lire PARAGES DES VOIES MORTES après avoir découvert quelques numéros de la maxi-série de Jamie Delano OUTLAW NATION, en même temps que j’apprenais que le scénariste britannique s’était servi dudit roman de Burroughs - et de l’autobiographie de Jack Black (YEGG, autoportrait d’un honorable hors-la-loi) que je suis en train de lire – comme adjuvant à sa propre imagination. 
Machine de Burroughs
Vouloir résumer ce roman, c’est comme demander comment marche une montre ; mieux vaut regarder l’heure. 

Mais voilà ce que je peux en dire : on y suit une partie de la vie de Kim Carson, une sorte de pistolero homo, lequel croise des Vénusiens (de loin) tout en s’adonnant au sexe & à la drogue sans modération, et on ne s’y ennuie pas plus que Kim en le lisant. 

« Malheureusement je ne lis pas beaucoup, et lorsque je lis, j’ai tendance à lire de la science-fiction. » William S. Burroughs in LE JOB (entretiens avec Daniel Odier) 

Beaucoup plus accessible que les trois épîtres de sa célèbre trilogie : LA MACHINE MOLLE, le TICKET QUI EXPLOSA & NOVA EXPRESS, l’auteur y utilise une S-F cool, et invente des situations et des contextes nouveaux qui illustrent obliquement ses thèmes. 
Par exemple, au lieu qu’on fasse du temps une sorte de super toboggan de fête foraine, l’utiliser pour ce qu’il est — l’une des perspectives de la personnalité —, ou que le langage obéisse aux même lois de reproduction que les virus. 
Kim y représente exactement tout ce qu'un petit Américain moyen a appris à exécrer. 
Il est vicieux, malsain et sournois. On aurait peut-être pu lui pardonner ses vices. Mais il s'adonne, en outre, à la pratique subversive de la réflexion. 

…. En conclusion PARAGES DES VOIES MORTES, traduit par Sylvie Durastanti, est un exotique moment de détente, qui se lit d’une traite et dont je me demande ce que je vais en retrouver dans le propre projet de Delano pour le label Vertigo

(À suivre ….)

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Meilleurs vœux, et rendez-vous l'année prochaine !


2 commentaires:

  1. Je garde un assez bon souvenir de Outlaw Nation de Jamie Delano.

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    1. Si en plus tu en penses du bien ; je lirais d'ailleurs ce que tu en as dit (après m'être fait ma propre idée).
      Chez Bruce Lit ?

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