Accéder au contenu principal

All-New Invaders (J. Robinson/S. Pugh) : Dieux et soldats

Dieux et soldats a paru dans la revue Avengers Universe n°18,19 et 21 (Panini)
« En fait, quel est le travail de l’écrivain, sinon choisir, raccourcir, réorganiser des matériaux qui sont à sa disposition. » 
William S. Burroughs

Entre l’élan et le néant 

.... Les Envahisseurs (alias The Invaders) est une équipe inventée en 1969 à partir d’un matériau de base antérieur – la All-Winners Squad parue au milieu des années 1940 (Pour en savoir +) – par Roy Thomas, l’alchimiste-en-chef de la Marvel des seventies
Dans une logique alchimique identique, transformer des personnages de l’Âge d’or en personnage de l’Âge d’argent, il a inventé, l’année précédente, la Vision à partir d’Aarkus.
Toute ressemblance avec le Martian Manhunter n'est pas fortuite
Mais là où la Vision s’insérait dans l’époque contemporaine de son invention – en intégrant l’équipe des Vengeurs – les Envahisseurs sont l’occasion pour Thomas de réécrire l’Histoire (avec une grande hache), en les installant au cœur de la Seconde guerre mondiale, conflit dans lequel ils prendront une part très active. 

…. Volontaire d’office ou pas James Robinson applique un plan dialectique bien connu des amateurs d’encapés : une menace d’envergure nécessite la constitution d’un groupe d’individus pour y faire face, d’abord en difficulté ils surmontent l’épreuve et deviennent une équipe pérenne, en route vers de nouvelles aventures. 

Autrement dit, (introduction), thèse, antithèse et synthèse.
Où quand une image en dit plus long qu'un long discours
Norman Rockwell : The Runaway (Le Fugueur) case hommage de Steve Pugh
La difficulté réside bien évidemment dans la manière d’inviter l’imagination dans un carcan aussi strict et surtout vu et revu, pour déboucher sur une histoire captivante, même pour un lecteur chevronné. 

Pour ce faire, le scénariste introduit un MacGuffin et une équipe qu’il lance à sa poursuite, les « Tout-Nouveaux Envahisseurs », quasi identique à celle des années 1970 ; et choisit un théâtre d’opération et des « obstacles » à la mesure d’une équipe certifiée Y2K
Ainsi que des guest-stars de gros calibres. Dont l’un, semble trouver son origine dans un personnage inventé par rien de moins que Nathaniel Hawthorne : le Grey Champion.

…. Sans être une mauvaise histoire, l'arc de 5 numéros intitulé Dieux et soldats tient plus de la course de grand fond que du demi-fond, un choix qui en vaut un autre, mais le scénario tarde à trouver son « second souffle » ; et finalement ne tient pas vraiment la distance. 
En effet il m’a fallut attendre l’épilogue – qui promet monts & merveilles - pour sortir de la douce apathie dans laquelle le scénariste avait réussi à me plonger (contre son gré, j’en suis sûr). 

Il sera beaucoup plus performant quelques années plus tard avec L’Escadron Suprême dans des conditions voisines (Pour en savoir +). 
Et pourtant le dessinateur Steve Pugh ne ménage pas sa peine, même s'il n'est pas assez constant. En effet certaines planches semblent plus approximatives que d'autres. Cela dit, rien d'alarmant non plus.
Or donc, sur un scénario made in Rekall (Cf. Philip K. Dick) James Robinson pose les bases de son équipe, de manière un peu trop laborieuse à mon goût, mais il donne - de justesse - l'impression d'en avoir garder sous la semelle. 

_______________
Note : Admis au second tour après rattrapage. Peut beaucoup mieux faire surtout avec ses antécédents. À suivre !

Commentaires

  1. ça m'a toujours paru étrange ces histoires de super-héros pendant la 2de guerre mondiale, mais thématiquement justifié : ça correspond à l'âge d'or du comic book.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tout à fait, et dans le cas de Roy Thomas on sait aussi qu'il a aimé actualiser ce qui y avait déjà été fait. Les Envahisseurs ont été son "Grand oeuvre" en la matière si je puis dire : des personnage du Golden Age qui y évoluaient, publiés durant l'Âge d'argent !
      La quadrature du cercle en somme.

      [-_ô]

      Supprimer
    2. Où avais-je la tête, lire "Âge de bronze" en lieu & place d'Âge d'argent.

      [-_ô]

      Supprimer
  2. Y2K semble un peu exagéré car il s'agit d'épisodes parus en 2014, soit juste 2 ans avant ceux de L'escadron Suprême. Cela ne m'empêche pas de partager ton avis général sur cette série, au déroulé trop succinct avec une date limite imposée par le crossover du moment. Comme toi, j'ai eu l'impression que James Robinson avait besoin de ces épisodes (et de ceux des FF) pour revenir au rythme de production mensuel des comics, et revenir en meilleure forme pour la série Scarlet Witch et Squadron Supreme.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui Y2K, autrement dit l'an 2000 ou vingt-et-unième siècle, ici en opposition à l'équipe de années 1970.

      À ce propos, meilleurs vœux !

      Supprimer
    2. Merci. Bonne année 2017 à toi aussi : une bonne santé, la réussite de tes projets et bien sûr de bonnes lectures.

      Pour Yk2, au temps pour moi, j'avais pris comme référence 2016, au lieu de prendre les années 1970.

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

L'Alignement des équinoxes [Sébastien Raizer]

Vous l'avez sûrement constaté, Maurice G. Dantec n'a pas publié de livres depuis quelques temps. Fort heureusement, pour les amateurs qui ont pris plaisir à lire Les Racines du Mal ou encore Babylon Babies, Sébastien Raizer vient, avec L'Alignement des équinoxes, à la rescousse des lecteurs en manque.
••• Ce roman, d'abord publié à la Série Noire, sous les auspices d'Aurélien Masson, à qui il est par ailleurs dédié, est le premier d'une trilogie, dont la lecture contentera amplement ceux qui ne voudront toutefois pas poursuive l'aventure des tomes suivants.
Néanmoins, le cœur du réacteur qui le propulse, dans lequel on trouve aussi bien Mishima, Philip K.Dick, William S. Burroughs ou encore Robert Anton Wilson, pour ne citer que les plus évidents ; dispose d'une telle puissance diégétique que je ne doute pas le moins du monde que Sagittarius et Minuit à contre-jour, les deux romans qui suivent respectivement L'Alignement des équinoxes, soient tout au…

À toute allure [Duane Swierczynski / Sophie Aslanides]

Jamais un livre n'aura autant mérité son titre.
Second roman de l'auteur, auquel il ne croyait guère, À toute allure est à l'image de ce qu'on attend du moteur d'une voiture qui servirait à s'enfuir après le vol à main armée d'une banque : gonflé à bloc.
Fidèle à Philadelphie, Duane Swierczynski y plante de nouveau l'action de son roman, laquelle se déroule en l'espace de 4 jours, bien remplis.

       Dans un des entretiens qu'il a accordés, et disponible sur la Toile™, l'auteur y déclare être fasciné par les personnages qui doivent affronter les pires journées de leur existence. Rien à dire, À toute allure est exactement ce type de récit. Manière de vaudeville noir, ce roman au style « behavioriste », est principalement écrit sous la forme de courts paragraphes. Lesquels seraient, selon Duane Swierczynski, comme des chips que l'on dévore l'une après l'autre, pour s'apercevoir finalement qu'il est deux heures du matin. Et qu…

Necronauts [Gordon Rennie / Frazer Irving] 2000 AD

C'est en lisant une notule critique à propos d'un roman de SF récemment paru, que cette analogie m'est venue. Son auteur écrivait, en substance ; « Malgré une intrigue qui peine à démarrer et une fin un peu abrupte balabla ... ».
Et j'ai eu une sorte de révélation.
Lorsque l'envie de se divertir occupe une part non négligeable d'un moment de lecture, celui-ci ressemble à un voyage en avion. Les deux moments les plus cruciaux en sont le décollage, et bien sûr l’atterrissage. 
Autrement dit, mal commencer une histoire et en louper la fin, augure mal du sentiment que laissera l'histoire en question. À condition qu'un mauvais début donne envie d'aller plus loin. 
Fort heureusement rien de tel avec Necronauts de Gordon Rennie & Frazer Irving.

Comme la couverture de l'hebdomadaire 2000 AD, qui illustre cette entrée le laisse deviner, les 50 pages de cette aventure ont d'abord trouvé refuge dans les pages du magazine anglais. Normal me direz-vous, l…