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Robert Charles Wilson : Mysterium

.... Il y a déjà quelques années, Serge Lehman avait, au travers de sa préface au recueil de nouvelles de S-F  : Retour sur l'Horizon (2009), mis le feu aux poudres en avançant une théorie qui en substance désignait la science-fiction comme dernier bastion littéraire d'un contenu métaphysique.
À Two Rivers, rien ne vient jamais troubler la petite vie paisible des habitants, jusqu’à ce qu’un laboratoire de recherches militaire s’installe sur les rives du lac Merced. Les spéculations les plus folles naissent alors, et la crainte d’un accident nucléaire hante tous les esprits. Aussi, lorsqu’un incendie se déclare sur le site, Dexter Graham envisage déjà le pire. Pourtant, son destin, ainsi que celui de Two Rivers dans sa totalité, vient de basculer d’une manière qui dépasse de très loin son imagination.
Avec son court roman - Mysterium - Robert Charles Wilson propose en quelque sorte un univers métaphysique de la plus belle eau.
Emmené par un rythme qui ne laisse pas beaucoup de temps pour souffler, Mysterium associe une bonne dose de suspense à une belle poignée d'idées. Si Two Rivers est une petite ville, l'auteur se focalise essentiellement sur certains personnages qu'il sait rendre attachants et intéressants. 
Il fait de même du côté des « antagonistes », pour un résultat que je n'aurais rechigné à retrouver dans d'autres romans (ou nouvelles), tant j'ai été séduit par l'univers décrit. 

.... Cependant, en l'état, Mysterium (traduction de Pierre-Paul Durastanti) se suffit à lui-même et vaut largement le temps (trop court) que l'on y passe. Roman de S-F métaphysique donc, mais aussi métaphore (le roman en tant qu'artefact) de son propre état, tout autant une proposition à ceux qui le liront de reprendre le flambeau - celui du lecteur devenant auteur (démiurge) - à leur propre compte. Ou pas.

À l'instar des propres personnages de R. C. Wilson.

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Un petit mot sur l'édition Folio SF, dont la couverture, signée Bruno Wagner/Yayashin, n'est pas pour rien dans mon envie de m'y intéresser.    

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