Accéder au contenu principal

La Famille Winter [Clifford Jackman / Dominique Fortier]

Itinéraire sanglant d’ex-soldats de l’Union, de civils, et d’un esclave ; un groupe disparate auquel se joindra, au fil du temps, d’autres individus de la même trempe, et qui sera connu sous le surnom de « famille Winter », de 1864 à 1900, le fix-up de Clifford Jackman est une réussite totale. 
Le résultat qu’aurait pu produire la rencontre entre La horde sauvage et Gangs of New-York
            Rédigé à partir d’une nouvelle (Oklahoma 1891) à laquelle le jeune auteur canadien ajoutera d’autres courts récits, liés par de brefs résumés, pour finalement prendre la forme d’un roman (la définition même du « fix-up ») intitulé donc « La Famille Winter ». 
Une somme à laquelle il est intéressant d’ajouter une autre nouvelle California 1901, disponible séparément*, pour former un tout cohérent. 
            Des États-Désunis aux champs pétrolifères californiens, en passant par les « guerres indiennes », Clifford Jackman convoque aussi bien les groupes de vigilantes au service des riches propriétaires terrien, que l’agence Pinkerton©, ou encore les organisations criminelles chinoises de San Francisco
Le point commun de toutes ces péripéties est l’extrême violence dont fera preuve la famille Winter et ceux qui tenteront de s’y opposer. Et par forcément pour des buts plus louables. 
            Alors même que le fond de cette sanglante épopée est assez bien connu, le natif de Deep River, en Ontario, y apporte un « je-ne-sais-quoi » qui fait toute la différence entre une rediffusion et un programme original. 
Porté par un nombre assez impressionnant de personnages différents, et une cohérence que son accouchement aurait pu facilement battre en brèche, « La Famille Winter » est la meilleure carte de visite que pouvait exhiber ce jeune auteur. 
Nul doute que Tout l’or des braves, un roman de pirates, publié cette année chez Paulsen™, sera rapidement sur ma pile à lire.
Commercialisé par Alto™ grâce à la traduction de Dominique Fortier, ce roman est aussi disponible en 10-18™ dans la collection Grands Détectives ; quand bien même les détectives que l'on y croise restent assez archaïques.  
______
 * Si vous êtes dans la bonne zone géographique cette nouvelle est disponible gratuitement [Pour en savoir +], ou alors en anglais ou en allemand sur n’importe quelle librairie en ligne.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Sandman : Neil Gaiman & Co.

... J e viens de terminer l'histoire intitulée Ramadan , une magnifique histoire certainement l'une de mes favorites avec celle de Calliope ( K elley J ones), en plus dessinée par P . C raig R ussell. Juste avant je venais de lire le premier tome de la série dans la collection Urban Vertigo (traduction de P atrick M arcel) et, décidément, ça ne sera pas ma période préférée du titre. Je suis bien content que lorsque je me suis remis à lire Sandman , le premier tome n'était pas disponible à la médiathèque où je suis inscrit, sinon je n'aurais peut-être pas continué si j'avais comme il se doit, commencé par lui. Déjà il y a quelques années j'avais achoppé sur les premiers numéros (plusieurs fois), cela dit il y a quand même des choses qui m'ont réjoui dans ce premier tome : le premier numéro, le traitement de John Constantine , la présence de  G . K . C hesterton et l'idée du "lopin du Ménétrier", l'épisode n°8, " Hommes de bon

Utopia Avenue, un roman progressiste

Imaginez un M alcolm M c L aren d’aujourd’hui, recrutant pour un boy band comme il l’avait fait en 1975.              Mais au lieu d’engager 4 punks vociférant ce M c L aren conceptuel, qui d’ailleurs s’appellera Levon Frankland pendant plus de 700 pages, se préoccuperait plutôt d’inclusivité que de choquer le bourgeois. Enfin pas vraiment lui, mais D avid M itchell l’écrivain qui lui donne vie dans « Utopia Avenue », titre homonyme du groupe musical en question.  Rien ne manque en effet à la liste, il y a même un patriarche blanc de plus de 50 ans, quasi coupable d’un « féminicide ». Sans rire !              Or donc, cet éphémère groupe (imaginaire), Utopia Avenue donc, constitué sur les bases bien-pensantes d’aujourd’hui va remuer la scène musicale du Swinging London © , et croiser tout ce que le gotha Rock & Folk de la fin des sixties compte comme pointures de la scène musicale.  Roman bien-pensant, mais aussi – surtout- roman bien pensé, « Utopia Avenue » emprunte donc la c

The Boys [Saison 3]

« The Boys », la série télévisée inspirée d'une bande dessinée américaine homonyme, écrite par G arth E nnis & dessinée par D arick R obertson (qui signe l'affiche ci-dessus) dont l'éditeur étasunien DC Comics™ a cru bon de se délester après 6 numéros seulement (la série complète compte 80 fascicules commercialisés par Dynamite Entertainment™), est de retour chez Prime Video™ pour sa troisième saison.             Un succès vidéo dont je pense qu'il tient en partie au rejet d'une partie de l'opinion (et surtout de ceux qui la font) qui ne voit pas d'un très bon œil la part de plus en plus grandissante que prend le (mauvais) genre superhéroïque.  D'aucuns parlent même d'entreprise de démolition « des ingrédients constitutifs de la mythologie des super-héros », en n'oubliant pas de signaler le « saisissant rapprochement entre la figure du justicier solitaire, investi par le hasard ou le destin (les superpouvoirs) d’un mandat de sauveur providen