Accéder au contenu principal

The Rocketeer


... Dans un entretien paru en 1991 Dave Stevens (le créateur du personnage) dévoile ce que devrait être le film  ...

[..]
Scarce : Le casting est secret ?
D.S : Non. Bill Campbell tiendra le rôle principal et Betty, dont nous avons dû transformer le nom en Jenny pour des raison légales, sera interprétée par Jennifer Conway. On l'a déjà vu dans Hotspot et Labyrinth. Timothy dalton, le dernier James Bond, incarne Neville Saint-Clair, une star du cinéma britannique ..

[...]
Scarce : Parlez-nous de l'histoire. Elle racontera les origines du personnage ?
D.S : En partie. L'histoire est basé sur le premier chapitre mais l'aventure dans laquelle Cliff est mêlé est différente de celle de la bd. Son origine est exactement la même, Peevy, Betty, pardon Jenny !, et tous les autres personnages sont tirés du comic. Le café, tout y est .. C'est exactement comme dans la bd mais avec une histoire plus longue. J'espère que ce sera très bien . Je ne sais pas comment tout ça va se terminer parce que le script est sans cesse remanié et, au moment du tournage, il peut y avoir une histoire très différente de celle sur laquelle on avait démarré. [..]

Nikola Atchine & Franck Leger pour SCARCE

Dave Stevens
... Je ne sais pas à quoi cela tient mais The Rocketeer a été un petite déception. Ce n'est pas l'histoire qui est plutôt bien troussée, ni le design du personnage très fidèle à celui de la bande dessinée, ni même les décors ou l'atmosphère générale de l'époque où sont sensés se dérouler les faits, non en y réfléchissant le problème que j'ai rencontré doit se situer du côté de la distribution, celle des rôles principaux.

Dave Stevens sur le tournage
Commençons par le meilleur, un Timothy Dalton dans une forme époustouflante qui tire son épingle du jeu avec beaucoup de brio. Si une malencontreuse retranscription de l'interview a transformé Jennifer Connely en Jennifer Conway  ce film ne lui aura permis que de développer autant de charisme qu'un os de seiche et un jeu que je qualifierais de fantomatique. pour rester aimable. Sans parler de son visage trop poupin pour seulement évoquer Betty Page. 

Le Bandit Grimaçant
Reste alors Bill Campbell dont le jeu donne envie de lui distribuer une rafale de coups de pied dans le ventre. 

Vous comprendrez alors le désintérêt profond qui m'a saisit car, comment voulez-vous avoir une quelconque empathie avec des personnages pour lesquelles vous ne ressentez aucune émotion, des personnage sur qui repose tous les ressorts dramatiques. J'en étais venu à espérer que le méchant réussisse dans son entreprise.

Une page dessinée par Russ Heat
Tout cela est bien dommage, heureusement il nous reste les magnifiques pages dessinées par Dave Stevens.

Hormis les deux captures d'écran, les documents utilisés en illustration  de ce billet proviennent du numéro 47 de Back Issue qui propose un beau dossier sur The Rocketeer.

Commentaires

  1. toujours entendu énormément de mal au sujet de ce film - ce qui ne veut pas dire grand chose - mais venant de quelqu'un qui a apprécié à sa juste valeur la version 96 du Fantôme du Bengale... eh bien... oui, ça doit en effet être un sacré ratage !
    enfin... je le verrai peut être un jour, simplement parce qu'on y trouve Timothy Dalton...

    RépondreSupprimer
  2. Oui, le Fantôme est à mon avis très largement au-dessus de Rocketeer, ce qui est plutôt frustrant quand on aime beaucoup le BD, comme c'est mon cas.

    RépondreSupprimer
  3. Je dirais que les films sont de même niveau, avec le même travers, ce côté décalé et cette auto-dérision volontaire pour éviter d'assumer le premier degré qu'exige ce type d'histoire. (Même remarque pour le Shadow.) On a donc un film au visuel très soigné mais qui sonne faux. Spielberg jouait la carte du premier degré et ça marchait très bien, pourtant. Pareil pour Captain Sky.
    Rocketeer ne m'a pas déplu mais pas emballé non plus (je l'ai vu il y a 15 ans...) Je pense que le jeu des acteurs a pu jouer. Dalton est pas mal. Sa brute, homme de main est impressionnante. Ed Lauter, en agent du FBI remplit sa fonction.
    Je n'ai aucun souvenir des autres.

    RépondreSupprimer

Publier un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

SKEUD [Dominique Forma]

Johnny Trouble est le roi du vinyle pirate, fruit d'enregistrements qui ne le sont pas moins. Des galettes vendues sous le manteau, jamais commercialisées par les maisons de disques. Le « skeud » (ou disque en verlan) du titre du premier roman de D ominique F orma. Qui pour sa réédition chez Rivages™ en 2015, a été un poil ripoliné par l'auteur.             D ominique F orma est un individu atypique dans le paysage culturel hexagonal.  Au début des années 1990 il part aux U.S.A. sans plan de carrière, et se retrouve music supervisor au sein de l'industrie du cinéma. Il en profite pour apprendre la mise en scène et l'écriture sur le tas, et après un court-métrage s'impose réalisateur sur l'un de ses propres scénarios. L'aventure, avec rien de moins que J eff B ridges au casting , ne tournera pas à son avantage, j'y reviendrai prochainement. En attendant, de retour en France , en 2007, il contacte P atrick R aynal sur les conseils de P hilippe G arnier

Blade Runner (vu par Philippe Manœuvre)

Après vous avoir proposé Star Wars vu par le Journal de Spirou de 1977 (ou du moins d'un des numéro de cette année-là), c'est au tour de Blade Runner vu par P hilippe M anœuvre en 1982 dans les pages de la revue Métal Hurlant . Il va de soit qu'avec un titre tel que : "C'est Dick qu'on assassine" le propos de l'article ne fait pas de doute. Pour rappel, le film est sorti en France le 15 septembre 1982, Métal Hurlant au début de ce même mois de 82. Bonne lecture.

À bout portant [Gilles Lellouche / Roschdy Zem / Fred Cavayé]

« C’est du cinéma, on est donc dans la réalité + 1 ou + 2 »  F red C avayé  L’épuisement d’histoires originales, et la production exponentielle de fictions nécessitent d’élaborer des stratégies de mises en récit attractives pour captiver le public.              Plonger directement les spectateurs d’un film « au cœur des choses » est toujours payant. Surtout si en plus, comme dans le cas du film réalisé par F red C avayé, les personnages et le contexte, en un mot l’histoire, bénéficie de l’effet IKEA ® .  L'effet en question est un biais cognitif documenté par M ichael N orton, dans lequel les consommateurs accordent une plus-value aux produits qu'ils ont partiellement créés (les meubles de l'enseigne bien connue).  Ici, la chronologie (chamboulée par l'ouverture du film in medias res ), les tenants et les aboutissants du scénario (dévoilés au compte-goutte) nécessitent que le spectateur participe activement au storytelling du film qu'il regarde.  L'effet IKEA ®