Accéder au contenu principal

Détective Phillip Lovecraft


... Des zombies, des licornes, des loup-garous, des malédictions, une poupée vaudou, des gargouilles, des gremlins, des vampires ..
L'Amérique dans laquelle vit Lovecraft est une Amérique où la magie est non seulement opérante mais commune (on y construit même des banlieues pavillonnaire  grâce à la Thaumaturgie Appliquée®), c'est plutôt lui qui paraît hors du commun puisqu'il se refuse à l'utiliser. 
Phillip (sic) Lovecraft est détective privé à Hollywood, un détective privé hardboiled comme il se doit, qui se voit confier une enquête : retrouver un livre ...

Toutes les mauvaises planètes seront
à la bonne place au mauvais moment.


 NECRONOMICON

... Le Necronomicon est, si l'on peut oser cet oxymore, le plus célèbre des livres secrets. On l'attribue au poète arabe, réputé fou, Abdul dit Alhazred, né au Yémen au VIIIe siècle. [...]
À l'âge de dix-neuf ans, en châtiment [..], Abdul subit défiguration et mutilations, avant d'être abandonné au cœur du Rub'al-Khâli, un des plus terribles déserts du monde. La légende veut qu'il ait survécu en adoptant le mode de vie des goules ; que, guidé en rêve par une forme encapuchonnée en laquelle il voyait Nyarlathotep, il ait vécu plusieurs mois dans les ruines d'Irem, et dans la cité sans nom enfouie au-dessous. [..] à la fin de sa vie, il coucha par écrit son œuvre testament , Al Azif. En 950, le Grec Theodoros Philetas de Constantinople en composa une traduction grecque qu'il rebaptisa Necronomicon. [..]
De cette œuvre dont l'existence entière a été clandestine et scandaleuse existent toujours quelques rares exemplaires qui ont échappé aux persécutions et aux autodafés. [..]


Les nombreuses vies de CTHULHU de Patrick Marcel, page 13 & 14, extrait.

Pour en savoir plus sur le désert du Rub' al-Khâli on peut lire avec profit Le royaume des Devins.
D'après August Derleth le catalogue de la Bibliothèque Générale de l'Université de Californie disposait, aux alentours de 1960, d'une fiche correspondant au Necronomicon : BL 430 - A 47 Alhazred, Abdul, ca.X. 738 casier B, dans une traduction grecque d'Olaus Wormius.

Aux ingrédients énumérés supra ajoutez ceux du polar : femme fatale, hommes de main, tenancier de boîte de nuit, crooners, flics, et vous obtiendrez un cocktail sympathique qui ne distille en aucune manière l'ennui, bien au contraire. 


"J'ai entendu des choses plus intéressantes sortir d'un pantalon en velours côtelé".

GRANDS ANCIENS

Dés 1933, nous apprend Rémi Sussan, certains sont déjà convaincus de la valeur de l'enseignement occulte de l'écrivain de Providence
Dans les années 70 Anton LaVey (le fondateur de l'Église de Satan) propose des rituels d'invocations aux Grands Anciens, mais c'est surtout Kenneth Grant (un disciple de Crowley) qui va établir des liens entre magie traditionnelle et les écrits de Lovecraft, et de fait inviter le panthéon lovecraftien dans l'occultisme contemporain ; ce que n'oublieront pas les magiciens du Chaos.
Ainsi pour Phil Hine la magie lovecraftienne est un "processus unissant les racines chtoniennes de la conscience primitive et les magies stellaires du futur" : tout un programme qu'on croirait sorti tout droit du téléfilm de Martin Campbell.

D'autant que la fin fait preuve d'un mauvais esprit (dans les deux sens du terme) du meilleur effet. Très sympathique divertissement (qui aurait  toutefois bien profité d'un petit coup de sang supplémentaire afin de gommer un petit ventre mou heureusement bien vite oublié).




... Cinq plus tard, une seconde enquête (Witch Hunt, une chasse aux sorcières prise au pied de la lettre en quelque sorte) nous permet de retrouver ce cher Lovecraft, cette fois-ci sous les traits de Dennis Hopper (un peu moins convaincant que Fred Ward), les ingrédients sont les mêmes mais cette fois il faut compter avec le Comité des Activités Surnaturelles.



On retrouve Hypolita Kropotkin sorcière patentée et, comme dans la première enquête un travesti (?) ; cette fois Phillip Lovecraft est embauché pour résoudre une affaire d'adultère, pas de quoi se mettre la rate au court-bouillon, c'est du moins ce qu'il croit !

Comme dans la première enquête A Cast of Deadly Spell (en V.O), la mixtion est un enchantement  ...



 .. avec de belles interprétations, notamment celle d'Eric Bogosian dans le rôle du sénateur Larson Crockett et la ravissante Penelope Ann Miller, ajoutez quelques effets spéciaux plutôt bien vus ... et voilà !


Un bon dieu de double programme diablement divertissant ! si vous voulez mon avis.

Commentaires

  1. Très alléchant - Mad en avait fait une critique dans sa rubrique vidéo...

    RépondreSupprimer
  2. ah....
    je suis pas le seul à m' en rappeler

    RépondreSupprimer
  3. Sur le Rub' al-Khali, désert très fréquenté, on verra aussi "La Cité Fantôme", une aventure de Doc Savage, où celui-ci y découvre "une ville d'un rouge rosé, à demi-vieille comme le Temps".

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Killing Joke [USA Magazine n°36]

En septembre 1988, le Joker fait la couverture de « USA Magazine », magazine publié sous la direction de Fershid Bharucha. Cette illustration est, nous dit Brian Bolland « une étude dessinée à Paris (avec des marqueurs en fin de vie, (...)). Le dessinateur italien Tanino Liberatore en a tiré une version peinte (...). »
Dans ce même numéro, en complément de la parution de l'épisode du mois de Killing Joke, alors pré-publié sous le titre de  Souriez, Jean-Paul Jennequin livre un article de  deux pages :
C'est tout pour aujourd'hui ! 
(Tous mes remerciements à Albert.)

Le pot au noir [Robert Ferrigno / Hubert Galle]

Ce roman m'a été recommandé par Duane Swierczynski [Pour en avoir +]. Jeune lecteur encore adolescent, assidu de Sf et de fantastique, Swierczynski est entré dans le monde du polar et du thriller, grâce au roman de Robert Ferrigno.
« Le pot au noir » commence comme un roman policier tout ce qu'il y a de plus conventionnel : une disparition inquiétante, un suspect tout ce qu'il y a de crédible, et un duo de flics. L'ambiance rappelle celle de la série «Miami Vice», mais l'histoire se passe sur la côte Ouest des U.S.A..
D'une certaine manière, les premiers chapitres pourraient desservir ce roman, en en cachant ce qui fera son originalité, sous le vernis du tout venant.
Sauf que dès le départ, Robert Ferrigno, traduit par Hubert Galle pour les éditions Flammarion, a la bonne idée de peupler son ouvrage de personnages atypiques qui réussissent à captiver l'attention. La quatrième de couverture ne se prive d'ailleurs pas de l'annoncer (même si je ne m'e…

Breach [Bob Harras / Marcos Martin]

Brève série de 11 numéros, Breach à l'immense avantage de pourvoir être lue sans connaissances préalables de ce qu'il est plus ou moins convenu d'appeler l'univers DC Comics. Envisagé comme une relance de Captain Atom, un personnage qui a notamment fait partie de l'écurie Charlton et a servi de modèle au Dr Manhattan, le personnage éponyme endossera finalement les atours du nouveau venu. 
Création de Bob Harras et de Marcos Martin, cette pourtant excellente série n'a visiblement pas été très soutenue par l'éditeur et, conséquences inévitables, n'a pas trouvé son lectorat. Je fais d'ailleurs partie de ceux qui sont passés totalement à coté.
Sacrifiée sur l'autel de la rentabilité, Breach mérite pourtant qu'on lui prête attention. 

       Le premier numéro, de 28 planches (extra-sized) donne d'ailleurs immédiatement le ton.
Plongé directement dans l'action, le lecteur découvre que l'articulation de la série se fera au travers d'un