Accéder au contenu principal

Voyage dans le temps avec H.-P. Lovecraft (FIN)



... Je n'avais pas d'éducation universitaire - faute de moyens pécuniaires - mais cela ne m'arrêta pas : les lettres érudites d'H.P.L. équivalaient à un cours de culture générale par correspondance. Lovecraft me tenait lieu d'université.
 ... Je me procurai une machine à écrire d'occasion, que je posai sur la table de bridge d'occasion, dans ma chambre ; puis je me mis au travail.
... Six semaines après ma sortie du lycée, je vendais ma première nouvelle à Weird Tales.
... Et voilà comment, grâce à H.P. Lovecraft, je trouvai un métier.
... Ce sont tous ces moments-là que je revécus quarante ans plus tard, à la première Convention Mondiale du Fantastique, alors que je m'adressais aux convives du banquet.
... Ce fut également là que mon voyage dans le temps boucla la boucle. Car, quelques minutes plus tard je recevais le "Lifetime Award" de la convention, destiné à récompenser un écrivain pour l'ensemble de son œuvre. C'était un honneur auquel, sincèrement, je ne m'attendais pas, et que je ne méritais sans doute pas ... mais rien n'aurait pu me faire plus plaisir que de tenir entre mes mains ce buste de Lovecraft superbement sculpté par Grahan Wilson.

... Tout en relisant ces lignes, je regarde, à l'autre bout de la pièce, sur ma bibliothèque, ce trophée qui m'a été remis voici seulement quelques semaines, à Providence. Et, une fois encore, je me surprend à voyager dans le temps : je revois la cérémonie du banquet .. la Californie de 1937, lumineuse et insouciante ... l'époque de ma correspondance et de mes débuts d'écrivain à Milwaukee, au 620 Knapp Street .. le temps de mon enfance, à Chicago, et ce jour de 1927 où, pour la première fois, je tombais sur la signature de Lovecraft dans ce fameux numéro de Weid Tales. Je vois une image paternelle, un ami, un artisan de mon destin, un compagnon de route, un voyageur dans le temps - comme moi.
... Je ne sais comment se terminera mon propre voyage. Mais je suis sûr d'une chose : Lovecraft poursuivra son chemin, dans le temps et dans l'espace, jusqu'à la place qui lui est réservée dans ce monde de merveilles qu'il a créé ; un monde qui durera aussi longtemps que l'homme osera imaginer - et rêver.

Time-travelling with H.-P. Lovecraft, Fantasy correspondent (1976) Robert Bloch.
Traduit par Gérard de Chergé, Le démon Noir, éditions Clancier-Guénaud (1983).

Commentaires

Publier un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Killing Joke [USA Magazine n°36]

En septembre 1988, le Joker fait la couverture de « USA Magazine », magazine publié sous la direction de Fershid Bharucha. Cette illustration est, nous dit Brian Bolland « une étude dessinée à Paris (avec des marqueurs en fin de vie, (...)). Le dessinateur italien Tanino Liberatore en a tiré une version peinte (...). »
Dans ce même numéro, en complément de la parution de l'épisode du mois de Killing Joke, alors pré-publié sous le titre de  Souriez, Jean-Paul Jennequin livre un article de  deux pages :
C'est tout pour aujourd'hui ! 
(Tous mes remerciements à Albert.)

Breach [Bob Harras / Marcos Martin]

Brève série de 11 numéros, Breach à l'immense avantage de pourvoir être lue sans connaissances préalables de ce qu'il est plus ou moins convenu d'appeler l'univers DC Comics. Envisagé comme une relance de Captain Atom, un personnage qui a notamment fait partie de l'écurie Charlton et a servi de modèle au Dr Manhattan, le personnage éponyme endossera finalement les atours du nouveau venu. 
Création de Bob Harras et de Marcos Martin, cette pourtant excellente série n'a visiblement pas été très soutenue par l'éditeur et, conséquences inévitables, n'a pas trouvé son lectorat. Je fais d'ailleurs partie de ceux qui sont passés totalement à coté.
Sacrifiée sur l'autel de la rentabilité, Breach mérite pourtant qu'on lui prête attention. 

       Le premier numéro, de 28 planches (extra-sized) donne d'ailleurs immédiatement le ton.
Plongé directement dans l'action, le lecteur découvre que l'articulation de la série se fera au travers d'un

Le jeu de la damnation [Clive Barker / Jean-Daniel Brèque]

« Rien n'est plus terrifiant que de donner à imaginer quelques abominations tapies derrière une porte, pour ne surtout jamais l'ouvrir, au risque de décevoir le lecteur. Car son imagination sera toujours plus fertile que les terribles images que s'échine à y injecter le conteur ».
Frappé au coin du bon sens, cet évangile de l'horreur dispensé depuis la ville de Providence dans l'État du Rhode Island, en 1979 par William F. Nolan, est cependant devenu obsolète depuis que des auteurs de l'envergure de Clive Barker ont mis un pied dans le genre.
« Le jeu de la damnation », traduit par Jean-Daniel Brèque en est un exemple frappant. Je dirais même que sans « les terribles images » qu'y injecte Clive Barker, ce roman ne serait pas ce qu'il est. 

            En effet le natif de Liverpool s'inspire ici d'un conte populaire bien connu, dont le titre du roman ne fait pas mystère du thème, et qui tient tout entier son intérêt dans l'imagination fertile …