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Le vol noir [Martin Cruz-Smith / Michel Courtois-Fourcy]

Publié en France dès 1978 aux Presses de la Cité™, « Le vol noir » est réédité 12 ans plus tard dans leur filiale Presses Pocket™.
L'invitation à la terreur que promet alors la collection n'investit cependant le Fantastique que sur la pointe des pieds.
            Si le nom de Martin Cruz-Smith vous dit quelque chose, c'est certainement grâce à l'inspecteur Arkadi Renko. Policier moscovite  de la brigade criminelle, dont la notoriété a dépassé le cercle des amateurs de polars lorsqu'il a été incarné à l'écran par William Hurt, dans l'excellent film de Michael Apted, Gorki Park.
Cela dit « Le vol de nuit » a aussi connu une adaptation deux ans après sa commercialisation, sous le titre de Morsures1979 (que je n'ai pas vue).
            Or donc, le roman dont il est question ici se déroule aux antipodes de la Mère patrie, dans la réserve des Hopis, en Arizona
Il met en scène Youngman Duran un Tewa adjoint du shérif, Abner Tasupi un Hopi considéré par ses pairs comme un sorcier, Hayden Paine un spécialiste des chauves-souris, Ann Dillon une volontaire de la Croix-Rouge, et Walker Chee chef tribal des Navajos, ainsi qu'une poignée de personnages secondaires qui étofferont le récit.
Un contexte totalement inventé, à partir de documentation, par l'auteur qui, de son propre aveu, n'a rencontré ni Navajos ni Hopis
Une analyse contextuelle du roman a d'ailleurs paru dans l'American Indian Quarterly du mois de mai 1979, signé Peter G. Beidlerau, pointant les libertés (ou le manque de recherches c'est selon) prises par le romancier. Rien de répréhensible à mes yeux cela dit.
            Si « Le vol de nuit » n'est pas à proprement parler un roman ennuyeux, sa publication dans la collection Terreur™ risque, si j'en crois ma propre lecture, de dérouter plus d'un amateur de Fantastique. Martin Cruz-Smith ne semble en effet pas bien savoir que faire de la mythologie amérindienne qu'il évoque ici et là.
Au jeu des chaises musicales auquel nous convie l'auteur pendant un peu plus de 250 pages, c'est finalement le thriller scientifique qui l'emporte.
            Recommandé par David Heska Wanbli Weiden [Pour en savoir +], « Le vol de nuit » est un roman dont vous pouvez largement faire l'économie si c'est l'attrait du folklore amérindien qui vous motive. 
Si au contraire, une bonne épidémie vous inspire, c'est une lecture tout à fait indiquée.

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