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La mort dans l'Ouest [Joe R. Lansdale / Claude Freilich]

J'ai découvert Joe R. Lansdale au milieu des années 1990.
Les éditions Fleuve Noir© avaient commercialisé, à l'époque, une collection de livres de poche proposant des histoires de super-héros, en prose. Si l'expérience s'était révélée assez pénible à lire, un auteur était clairement sorti du lot : Joe R. Lansdale.
Et comme cela se passe assez souvent je me suis mis en quête de ce qui était alors disponible, et je suis tombé sur La mort dans l'Ouest, publié en 1992 par les éditions L'incertain©.
Un « Weird Western » de 130 pages, plus un avant-propos de l'auteur.

            On s'entend habituellement pour dire que le premier « Weird Western » jamais écrit l'a été par Robert Ervin Howard. Publiée en 1932 dans le bien nommé Weird Tales, un pulp magazine dont la renommé est encore aujourd'hui vivace dans l'imaginaire collectif ; L'Horreur dans le tertre mêle habilement le mythe du Far West et celui du vampire. 

            Dans la brève présentation de l'aventure du révérend Jedidiah Mercer qui suivra, l'avant-propos en question donc, Joe R. Lansdale nous prévient que La mort dans l'Ouest est une distraction peu sérieuse, l'équivalent d'un film de deuxième, voire de troisième partie de soirée, diffusé à la télévision. 
Et s'il faut évidemment avoir l'esprit ouvert, je ne crois pas que Lansdale ait bâclé sa part de boulot.

Sa novella dispense en effet une couleur émotionnelle horrifique du meilleur effet. Et si ses personnages sont avant tout des stéréotypes, il les dirige avec un certain talent. Et on comprend qu'il ait pu écrire, pour le compte du label Vertigo™, les aventures de Jonah Hex.
Ça va évidemment très vite, mais à aucun moment on ne se sent largué.

Pour avoir ensuite suivi de près la carrière de l'auteur, presque tout ce qui fera sa renommée est déjà dans ce bref texte paru à l'origine en 1986 aux U.S.A.. Notamment la place qu'il donne aux enfants (qui est à mon avis ce qu'il fait le mieux), et son humour.

La mort dans l'Ouest pourrait, sans crainte de représailles, reprendre à son compte le slogan de la collection ANGOISSE du Fleuve Noir© : « Un suspense haletant dans un climat de peur et d'épouvante » !
Et en plus, elle se relit avec plaisir (même si une relecture supplémentaire de la part de L'incertain©, n'aurait pas été un luxe superflu).   

Un opuscule à ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui rentre pile-poile dans la charte du défi lecture du Maki ! [Pour en savoir +]
(À suivre ....)       

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