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Le postier [Bentley Little / Michel Pagel]

« Pour les habitants d'une petite ville isolée comme Willis, en Arizona, l'arrivée du courrier est l'un des points forts de la journée. »
Publié aux U.S.A. en 1991, Le postier l'est quatre ans plus tard dans une traduction de Michel Pagel pour la collection Terreur©, de l'éditeur Pocket.

Bentley Little
            Né un mois après que sa mère ait assisté à la première du film Psychose d'Alfred Hitchcock, Bentley Little est un écrivain d'horreur qui sera rapidement adoubé par Stephen King lui-même.
Jeune écrivain de nouvelles, il sera avant cela encouragé par Dean Koontz, qu'il rencontre à une signature, lequel lui trouve un agent pour son premier roman The Revelation
Ce roman, qui était son projet de thèse en Master de littérature anglaise, remporte le Bram Stoker Award dans la catégorie du « Meilleur premier roman » en 1990. 
Bref ont a connu écrivain moins prometteur.
Discret, se reconnaissant peu d'affinités avec Internet© et les « réseaux sociaux », il a publié jusqu'à ce jour près d'une trentaine de romans, des novellas et des nouvelles.
Seulement trois nouvelles et autant de romans traverseront l'Atlantique, dont Le postier.

Paperbacks from Hell
            Fût un temps où les romans d'horreur avaient table ouverte, outre-Atlantique, tout en haut des listes des best sellers des magazines : Rosemary's Baby d'Ira Levin, The Exorciste de Peter Blatty ou encore The Other de Thomas Tryon, pour ceux qui me reviennent en mémoire. 
Il y eut aussi, juste après, entre le début des années 1970 et le crépuscule des années 1980, une catégorie particulière de livres de poche, ce qu'on a appelé avec un beau sens de la formule, les « paperbacks from Hell ». 
Écrits par des artisans du frisson, ces romans, dont les couvertures, très suggestives, étaient parfois ce qu'ils avaient de mieux à proposer, repoussaient les limites du genre. 
Tout y passait dans ces histoires hautes en douleurs ; enfants maudits, maisons hantées, animaux atteints de folie, leprechauns nazis (Gestapochauns), bref tout un carnaval de possessions qui vous remplissez les poches d'épouvante.
Et Le postier, de Bentley Little, me semble être un facteur de cauchemars suffisamment timbré pour accéder à cette catégorie.

Les roux et les couleurs
            L'idée de ce roman est venue à Bentley Little quelques années avant qu'il ne l'écrive.
Jeune auteur en quête de débouchés, il était particulièrement attentif à son courrier, seule source d'information, à l'époque, entre lui et les éditeurs à qui il écrivait. 
Il s'était également rendu compte que le postier était la seule personne, dans n'importe quelle ville, à être en contact avec tout le monde, et cela quasi quotidiennement.

Ainsi, après avoir calqué la famille Albin sur la sienne, et Willis sur la ville de son enfance il ne restait plus qu'à s'affranchir de quelques barrières morales et faire marcher son imagination.     

            De son propre aveu Le postier est son roman favoris, et je peux facilement comprendre pourquoi.

Dans le genre roman décomplexé, ça se pose là. Bentley Little ne fait ni dans la suggestion, ou le vraisemblable. Et si ça démarre doucement, les seules limites que rencontrera le lecteur seront les siennes. Autrement dit les vôtres.

En conclusion, Le postier, de Bentley Little a bien mérité bien quelques étrennes !

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