Accéder au contenu principal

Japantown [Barry Lancet / Olivier Debernard]

Vivre et travailler pendant plus de 25 ans au Japon a apporté à Barry Lancet, né en Californie, une profonde connaissance des us et coutumes du pays. Un vécu qu'il lègue à son personnage principal, sensé y avoir passé les 17 premières années de sa vie, avant de rentrer aux États-Unis
Une expérience qui donne à ce thriller un volet culturel tout aussi captivant que le suspense de son intrigue.
            Loin des stéréotypes, Barry Lancet évite ainsi, contre toute attente, de mentionner le terme « ninja », une quasi prouesse vu l'histoire que raconte son roman. Son approche lui permet en outre de doter son héros d'un point de vue sur les institutions japonaises, dont la subjectivité est assez rafraîchissante. 
Enfin, grâce à une idée très simple, mais encore jamais lue, il donne à son roman un point de départ qui lui permet de se déployer avec élégance.
Néanmoins, « Japantown2014 » est un thriller qui ne coupe pas tous les ponts, loin s'en faut, avec les règles du genre.
D'une manière assez amusante d'ailleurs, le village de Soga éveillera sûrement des souvenirs aux lecteurs de L'Implacable, la série de romans écrite par Richard Sapir & Warren Murphy. Mais ces « figures imposées » sont souvent l'occasion d'enrichir l'aspect culturel de l'ouvrage. Jamais didactique, Barry Lancet équilibre ce qu'on peut considérer comme raisonnable de savoir sur l'Extrême-Orient, et un savoir plus ésotérique apportant un dépaysement bienvenu. 
Entre San Francisco et Tokyo Jim Brodie devra faire appel à toutes les subtilités de son éducation pour résoudre une affaire qui prendra rapidement un tour très personnel. Tout en restant en vie.
           Un premier roman très réussi ! 

Commentaires

  1. C'est la première critique favorable que je lis de ce roman. Je vais peut-être réviser mon jugement !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'espère ne pas avoir fait naitre une envie qui s'esquintera sur un os.
      [-_Ô]

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Le KU KLUX KLAN (3)

... Quelque soit son véritable poids idéologique ou même politique aujourd'hui, le Ku Klux Klan a déteint sur la culture de masse ; qui n'a pas entendu parler de la célèbre marque de cigarettes  Marlboro et des trois "K" présents sur son paquet, d'un homme qui en regarde un autre pendu (dont on ne verrait que les jambes), et sur la troisième image : la silhouette d'un Klansman ...  (liste non-exhaustive) . Marlboro n'est d'ailleurs pas la seule marque de cigarettes à avoir eu droit à des investigations sur la signification du design de son paquet de cigarette, Camel aussi. Dés les débuts du Klan , le bruit court que ces cavaliers "surgis hors de la nuit" sont les fantômes des soldats Confédérés morts au combat, des soldats qui ayant vendu leur âme au Diable sont de retour ici-bas et annoncent l'Apocalypse. Le nom même du groupuscule a longtemps était entendu comme le bruit que fait la culasse d'un fusil lorsqu'on l...

The Words

... The Words ( Les Mots ) est un film qui avait tout pour me séduire : le roman en tant qu'élément principal, des acteurs que j'aime bien ; D ennis Q uaid, J eremy I rons, J . K . S immons et B radley C ooper. Éléments supplémentaire l'histoire se révèle être une histoire dans l'hisitoire. Ou plus exactement un roman à propos de l'écriture d'un roman, écrit par un autre ; entre fiction et réalité.  Je m'explique. Clay Hammon fait une lecture public de son dernier livre The Words dans lequel un jeune auteur, Rory Jansen , en mal de reconnaissance tente vaille que vaille de placer son roman chez différents éditeurs. Cet homme vit avec une très belle jeune femme et il est entouré d'une famille aimante. Finalement il va se construire une vie somme toute agréable mais loin de ce qu'il envisageait. Au cours de sa lune de miel, à Paris , son épouse va lui offrir une vieille serviette en cuir découverte chez un antiquaire, pour dit-elle qu'...

Juste cause [Sean Connery / Laurence Fishburne / Ed Harris / Kate Capshaw]

« Juste Cause 1995 » est un film qui cache admirablement son jeu.             Paul Armstrong , professeur à l'université de Harvard (MA), est abordé par une vieille dame qui lui remet une lettre. Elle vient de la part de son petit-fils, Bobby Earl , accusé du meurtre d'une enfant de 11 ans, et qui attend dans le « couloir de la mort » en Floride . Ce dernier sollicite l'aide du professeur, un farouche opposant à la peine capitale.   Dès le départ, « Juste Cause 1995 » joue sur les contradictions. Ainsi, Tanny Brown , « le pire flic anti-noir des Everglades », dixit la grand-mère de Bobby Earl , à l'origine de l'arrestation, est lui-même un africain-américain. Ceci étant, tout le film jouera à remettre en cause certains a priori , tout en déconstruisant ce que semblait proposer l'incipit du film d' A rne G limcher. La déconstruction en question est ici à entendre en tant que la mise en scène des contradictions de situations ...