mardi 10 novembre 2009

Jabberwocky .......

..........................Ou l'histoire merdeilleuse de Denis Cooper.




Il était reveneure ; les slictueux toves
Did gyre and gimble in the wabe
Enmîmés sont les gougebosqueux
Et les Ghoré Uk'hantise dans le Grabeugeument.

Au Jabberwock prends bien garde mon fils !




... Le flim de Terry Gilliam ragondine l'avoyagure au médievâge d'un éparvedé, Denis Cooper, drôle niaiseux et tournipilant d'un barriquier bouspéteur - et afoureux d'une thonzelle taille XXL - qui décrisse au chientard du kingaume aprés que son dabernel ait décambuter, en croyant que ce sera plusbon.

Mais le kingaume est peurrorisé et terrorifié par une bêstre formidiable.



... C'est en 1885, dans les pages de Misch-masch ( 1855 - 1862) un "magazine familiale" : textes humoristiques en prose ou pèmes, articles parus dans des revues, régles burlesques de savoir-vivre etc .. , qu'apparaît la première strophe du poème qui allait devenir des années plus tard Jabberwocky, et trouver sa place dans "De l'autre côté du miroir et ce qu'Alice y trouva" de Lewis Carroll.

Première strophe de la première version
du

JABBERWOCKY

Certains voyageurs de commerce à tête d'explorateur prétendent que Jabberwocky est le berceau des mots-valises.

Mot-valise ?

? oʞɐzǝʞ ?

... Le mot-valise est la traduction de portmanteau word (traduction que l'on doit à Gaston Ferdiére parait-il, médecin et poète qui s'est notamment occupé d'Antonin Artaud [Ce dernier au demeurant "traducteur" du Jabberwocky]), le portmanteau dont il est question ici était, autrefois une grande valise à deux compartiments : Tu prends un mot [..] Tu ouvres ta valise, tu glisses le mot dedans, puis tu mets dans ta valise un autre mot, tu fermes ta valise e t tu la secoues très fort pour bien mélanger [..]. Tu rouvres ta valise et voilà, les deux mots se sont bien mélangés et il n'y en a plus qu'un seul !
"Snarks" de Laurent Fréchuret




Les mots-valises sont plus nombreux qu'on ne peut le penser et certains, sont passé dans le langage courant. En anglais par exemple le smog est composé de "smoke" et de "fog" alors que le brunch est l'addition de "breakfast" et de "lunch" ; en français abracadabrantesque est apparu dans le chapeau de John Rimbaud en 1871, mariage magique d'abracadabrant et d'éléphantesque. De même qu'informatique et un mélange binaire d'information et d'automatique et que calfeutrer est à découvrir. Le mot blog est aussi un mot-valise.

N'oublions pas nos amis les nippons qui ont formé tamagotchi (oeuf à aimer dans la langue de Mishima) à partir de "tamago" (œuf) et de "wattchi" qui vient de l'anglais watch (une montre et le verbe regarder).


- Et que signifie "slictueux" demanda Alice (à Dodu Mafflu) ?

- Eh bien "slictueux" signifie souple, actif, onctueux. C'est comme une valise, voyez-vous bien : il y a trois significations contenues dans un même mot.
DODU MAFFLU


Lewis Carroll est un maître d'école buissonnière.

André Breton



Dans le cas de Carroll on peut imaginer les mots-valises comme des bagages qui nous permettent un voyage, de pénétrer dans un univers féérique, onirique ... fantasmagorique ; le barda nécessaire et fav orisant l'immersion périscopique au pays des merveilles, une manière aussi, de mettre à sac nos certitudes.



... S'appuyant sur ce poème dont il reprend le titre, et la première strophe en ouverture de son long-métrage, (et la bêstre) Terry Gilliam nous farçonne un film se déroulant dans un Moyen Âge dont l'inspiration est à chercher du côté de Jérôme Bosch & de Pieter Bruegel avec force camembours, tout de même.

Repoussant rhinocériquement le champ expérientiel Gilliam rend néanmoins hommage à celui dont il s'inspire.
Si les dérapage ne sont plus linguistiques ne sont pas que linguistiques, ils laissent cependant des traces : situations cocasses, blagues potaches et quiproquaches ; le non-sens de Lewis Carroll resurgit, drapé de nouveaux oripeaux.
De nouvelles parures. Et d'inouïsme.

Si comme le souligne Deleuze, Gilles Deleuze, la pensée victorienne du "nonsense" repose sur la logiques des paradoxes, c'est-à-dire la possibilité de la co-présence de deux directions opposées alors Jabberwocky de Gilliam s'inscrit parfaitement dans cet esprit.
D'autant que Jacques Lacan avance que si l'impossible n'est pas forcément le contraire du possible ; ou bien alors, puisque l'opposé du possible, c'est assurément le réel, nous serons amenés à définir le réel comme impossible.Sacré Jacques quel déconneur.



En guise de conclusion je laisse l'écrit à Dodu Mafflu :

"Par Impénétrabilité je veux dire qu'en voilà assez sur le sujet, et qu'il vaudrait beaucoup mieux que vous vous décidiez à dire ce que vous avec l'intention de faire tout de suite, parce que je suppose que vous n'avez pas l'intention de demeurer ici tout le reste de votre vie"
.

Bonjoir



De l'autre côté du miroir et ce que Denis Cooper y trouva

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