Accéder au contenu principal

Tideland




... Les histoires sécurisantes d'aujourd'hui ne parlent ni de la mort, ni du vieillissement, ni de l'espoir en une vie éternelle. Le conte de fées, au contraire, met carrément l'enfant en présence de toutes les difficultés fondamentales de l'homme [..] dans les contes de fées le mal est aussi répandu que la vertu.

Bruno Bettelheim - Psychanalyse des contes de fées.



"Tideland C'est la rencontre d'Alice au pays des merveilles et de Psychose"

Terry Gilliam

... Jezabel-Rose et la fille de Noah un vieux rocker héroïnomane - une enfant qui mène une vie pour le moins atypique, c'est elle qui prépare les shoots de son père - et de Queen Gunhilda (une ex-junkie).
Lorsque cette derniére décède d'une overdose Noah décide de s'enfuir au Texas dans la maison de sa mère en emmenant sa fille.

Tideland est d'abord un film d'une maginfique beauté, une lumiére extraordinaires, des décors rééls et imaginaires fabuleux, des paysages à couper le souffle (au couteau).
Des acteurs et des actrices fabuleux et des personnages extraordinaires.

Lorsque Terry Gilliam annonce que son film est la rencontre entre Alice au pays des merveilles et Psychose c'est loin d'être un effet de style. Cependant si Tideland est le rejeton de cet improbable copulation, c'est aussi et surtout un enfant de l'amour, celui que voue ce metteur en scène à son sujet.


"Dormez, mes chéres petites, dormez ! Vous rêvez ... de trains ... d'esquimaux glacés ... et de vieillards qui dansent ... avec des ours"


Si comme d'aucuns le prétendent Gilliam a plus d'idées que de moyens, il a surtout du talent. Et il en fallait pour traiter un scénario aussi torturé .
(Tideland est d'abord un roman écrit par Mitch Cullin)

Du talent il y en a aussi chez ses acteurs, formidable Jodelle Ferland dans le rôle d'une Jezabel-Rose qui porte de bout en bout le film sur ses jeunes épaule et invite par son jeu extraordinaire le spectateur dans son monde étrange. Immersion garantie.

Brendan Fletcher en trépané épileptique est à la fois émouvant et très dérangeant (en tout cas sacrément crédible). La morbide et colérique Dell, taxidermiste à ses heures est sombrement interprété avec conviction par une Janet McTeer éminemment flippante.


Quant à Jeff Bridges il hérite d'un rôle plutôt casse-gueule, qu'il joue avec une justesse confondante.



"[..] dans les grands fonds où naissent les rêves. Il marche sur un rivage solitaire plein d'épaves de rêves et d'espoirs [..]"


Tideland n'est certainement pas un film qui plaira à tout le monde (mais il y en a-t-il ?) de par les situations qu'il met en scène autours de sa très jeune héroïne. Si certaines d'entre-elles sont particulièrement perturbantes la présence d'une enfant ajoute à l'impression de malaise, un malaise pour autant contrebalancé par la féérie qui exsude tout au long de cette histoire.
Il y a l'explicite, et il y a l'implicite, là non plus le spectateur n'est pas épargné, probablement chacun à l'aune de ses propres fantasmes. De ses propres peurs.



















À propos de son dernier
film
L'Imaginarium
du docteur Parnassus.

Extrait de Transfuge n°34



Si Psychose et Alice au pays des merveilles sont présents à l'esprit quand on regarde Tideland, la mythologie nordique n'est pas en reste .....

En guise de conclusion, Tideland est un très beau film, émouvant sensible, amusant et effrayant.

Magnifique !

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Doctor Strange Legacy [Cates / Hernández Walta / Duclos]

La curiosité m'avait poussé, il y a 4 ou 5 ans, à m'intéresser au travail d'un nouveau venu du nom de Donny Cates. Depuis il a fait son petit bonhomme de chemin et est devenu un scénariste en vue de la Maison des idées™.
Et c'est tout à fait mérité.

Donny Cates n'est pas le genre à vouloir réinventer la poudre, pour finalement accoucher d'un pétard mouillé (qui a dit Tom King ?). Son domaine c'est le divertissement, l'évasion, et très souvent un excellent moment de lecture. 

Cette reprise de la série « Doctor Strange », 5 numéros mensuels compilés dans ce premier tome, en est la carte de visite idéale. 

Si l'adaptation cinématographique du personnage, créé par Stan Lee & Steve Ditko en 1963, lui a permis de retrouver les têtes de gondole des comics shop, on est toutefois passé par un petit lifting façon Jason Aaron & Chris Bachalo [Pour en savoir +] pour la version bande dessinée.

Mais rassurez-vous, ne rien connaître du personnages et de ses pré…

Le pot au noir [Robert Ferrigno / Hubert Galle]

Ce roman m'a été recommandé par Duane Swierczynski [Pour en avoir +]. Jeune lecteur encore adolescent, assidu de Sf et de fantastique, Swierczynski est entré dans le monde du polar et du thriller, grâce au roman de Robert Ferrigno.
« Le pot au noir » commence comme un roman policier tout ce qu'il y a de plus conventionnel : une disparition inquiétante, un suspect tout ce qu'il y a de crédible, et un duo de flics. L'ambiance rappelle celle de la série «Miami Vice», mais l'histoire se passe sur la côte Ouest des U.S.A..
D'une certaine manière, les premiers chapitres pourraient desservir ce roman, en en cachant ce qui fera son originalité, sous le vernis du tout venant.
Sauf que dès le départ, Robert Ferrigno, traduit par Hubert Galle pour les éditions Flammarion, a la bonne idée de peupler son ouvrage de personnages atypiques qui réussissent à captiver l'attention. La quatrième de couverture ne se prive d'ailleurs pas de l'annoncer (même si je ne m'e…

Immortal Hulk [Al Ewing / Joe Bennett / Thomas Davier]

Certainement mal luné, j'avais calé sur le premier numéro de cette relance du géant de jade. Néanmoins, mon intérêt pour le travail du scénariste Al Ewing m'a convaincu de laisser une seconde chance à cette série.
Sans toutefois oublier qu'un scénaristes travaillant pour des entreprises telles que Marvel ou DC Comics, lesquelles sont les propriétaires des personnages (et des histoires) qu'elles publient, c'est un peu comme d'être un jockey. 
Tout aussi prometteur qu'il soit, ce dernier est au service du cheval, et au ordres du propriétaire via l'entraîneur. Chaque Grand prix est surtout l'occasion de retenir le nom du cheval.
Ceci étant dit quid de ce nouveau départ ? 

Pour ce nouveau run, Hulk renoue donc avec ses origines sixties, et s'inspire de l'errance qu'avait popularisée la série télévisée des années 1970 avec Bill Bixby et Lou Ferrigno.
Ce parti pris d'un personnage en cavale est aussi surtout une forme de réflexe atavique très é…