mardi 3 novembre 2009

Tideland




... Les histoires sécurisantes d'aujourd'hui ne parlent ni de la mort, ni du vieillissement, ni de l'espoir en une vie éternelle. Le conte de fées, au contraire, met carrément l'enfant en présence de toutes les difficultés fondamentales de l'homme [..] dans les contes de fées le mal est aussi répandu que la vertu.

Bruno Bettelheim - Psychanalyse des contes de fées.



"Tideland C'est la rencontre d'Alice au pays des merveilles et de Psychose"

Terry Gilliam

... Jezabel-Rose et la fille de Noah un vieux rocker héroïnomane - une enfant qui mène une vie pour le moins atypique, c'est elle qui prépare les shoots de son père - et de Queen Gunhilda (une ex-junkie).
Lorsque cette derniére décède d'une overdose Noah décide de s'enfuir au Texas dans la maison de sa mère en emmenant sa fille.

Tideland est d'abord un film d'une maginfique beauté, une lumiére extraordinaires, des décors rééls et imaginaires fabuleux, des paysages à couper le souffle (au couteau).
Des acteurs et des actrices fabuleux et des personnages extraordinaires.

Lorsque Terry Gilliam annonce que son film est la rencontre entre Alice au pays des merveilles et Psychose c'est loin d'être un effet de style. Cependant si Tideland est le rejeton de cet improbable copulation, c'est aussi et surtout un enfant de l'amour, celui que voue ce metteur en scène à son sujet.


"Dormez, mes chéres petites, dormez ! Vous rêvez ... de trains ... d'esquimaux glacés ... et de vieillards qui dansent ... avec des ours"


Si comme d'aucuns le prétendent Gilliam a plus d'idées que de moyens, il a surtout du talent. Et il en fallait pour traiter un scénario aussi torturé .
(Tideland est d'abord un roman écrit par Mitch Cullin)

Du talent il y en a aussi chez ses acteurs, formidable Jodelle Ferland dans le rôle d'une Jezabel-Rose qui porte de bout en bout le film sur ses jeunes épaule et invite par son jeu extraordinaire le spectateur dans son monde étrange. Immersion garantie.

Brendan Fletcher en trépané épileptique est à la fois émouvant et très dérangeant (en tout cas sacrément crédible). La morbide et colérique Dell, taxidermiste à ses heures est sombrement interprété avec conviction par une Janet McTeer éminemment flippante.


Quant à Jeff Bridges il hérite d'un rôle plutôt casse-gueule, qu'il joue avec une justesse confondante.



"[..] dans les grands fonds où naissent les rêves. Il marche sur un rivage solitaire plein d'épaves de rêves et d'espoirs [..]"


Tideland n'est certainement pas un film qui plaira à tout le monde (mais il y en a-t-il ?) de par les situations qu'il met en scène autours de sa très jeune héroïne. Si certaines d'entre-elles sont particulièrement perturbantes la présence d'une enfant ajoute à l'impression de malaise, un malaise pour autant contrebalancé par la féérie qui exsude tout au long de cette histoire.
Il y a l'explicite, et il y a l'implicite, là non plus le spectateur n'est pas épargné, probablement chacun à l'aune de ses propres fantasmes. De ses propres peurs.



















À propos de son dernier
film
L'Imaginarium
du docteur Parnassus.

Extrait de Transfuge n°34



Si Psychose et Alice au pays des merveilles sont présents à l'esprit quand on regarde Tideland, la mythologie nordique n'est pas en reste .....

En guise de conclusion, Tideland est un très beau film, émouvant sensible, amusant et effrayant.

Magnifique !

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