vendredi 27 novembre 2009

Wild Palms


L'originalité des amateurs de sagesse où qu'ils se trouvent tient en ce qu'il cherchent toujours la plus éloignée.

La sagesse est une de ces curiosités dont l'importance semble s'accroître avec la distance ..


Le rhinocéros est ce qui nous reste de la licorne. Les restes d'un mythe extatique mais presque aveugle. Tout à fait précieux.


Sénateur Tony Kreutzer

... Wild Palms est une série télévisée en six épisodes écrite par Bruce Wagner (et inspirée de sa propre bande dessinée qu'il a réalisée avec Julian Allen) et produite par Oliver Stone.En quelques mots, il s'agit de la lutte de deux factions Les Amis et Les Pères.

Les Pères ont à leur tête le sénateur Kreutzer, fondateur d'une religion la Synthiotique et accessoirement candidat d'une part à l'immortalité et d'autre part, au fauteuil de président des U.S.A.

Ajoutons que le sénateur est à la tête d'une chaîne de télévision avec un programme emblématique : Les fenêtres du culte et le projet de développer la réalité virtuelle grâce à la société Mimecom et à une drogue la Mimésime un "empathogène" permettant de sentir les hologrammes.

À ce menu bigarré il convient de mentionner l'omniprésence de piscines, de préférence vides, de rhinocéros ; d'une superbe musique de Ryūichi Sakamoto et d'artefacts culturels en provenance directe du Pays du soleil levant, de voitures des années 50.....

J'allais oublier la pratique du kidnapping d'enfants, très en vogue.

Où va une chanson quand personne ne la chante ?

... Alors qu'il est clair que Wild Palms plonge ses racines dans le terreau cyberpunk - en guise de tuteur le premier épisode nous propose un caméo de William Gibson (dans son propre rôle) - l'ordinateur brille par son absence. C'est à la télévision qu'il revient d'occuper la place.

Et à des lunettes qui permettent de s'immerger dans un réseau virtuel & mondial - mais réservées dans un premier temps quelques happy few - à l'instar de notre Internet mais à la puissance dix (un peu à la manière de Matrix).

Le clou qui se tient droit finit par plier

... Le terme cybernétique, nous dit Timothy Leary (qui apparaît en filigrane au travers des idées évoquées dans Wild Palms) vient du mot grec kubernetes, qui signifie "pilote"et reflète une tradition socratique et platonicienne d'indépendance et d'individualisme, ces deux qualités sont combinées, hasards de la géographie, à la hardiesse du marin et à sa débrouillardise.
Le cyberpunk est "un punk nouvelle façon, un punk intellectuel plutôt qu'un gominé". Norman Spinrad
Les "cyberpunks" d'Athènes autrement dit les pilotes, nous précise Leary prenaient leurs décisions tout seuls.

Du grec, on est alors passé au latin avec gubernator qui lui signifie contrôler les actes ou les comportements, diriger, exercer le pouvoir souverain.
Très loin du sens grec.

Et de pouvoirs il en est bien sûr question dans Wild Palms, et le combat qui s'y déroule n'est pas très éloigné de ce qui différencie kubernetes de gubernator.Et de religion (ou de secte c'est selon) aussi il est question avec la Synthiotique que l'on ne peut manquer de rapprocher de la Dianétique de Lafayette Ronald Hubbard.


Au-delà de tous les rapprochements possibles et imaginables que l'on peut faire avec le monde "réel" tel qu'il était au début des années 90, la série date de 1993, ou même tel qu'il est devenu aujourd'hui (et les parallèles sont nombreux) c'est surtout un sentiment prégnant d'irréalité qui baigne Wild Palms et une méchante impression de lâcher prise. Ou peut-être de perdre prise.

Beat me up Scotty

Ainsi qu'une sourde violence qui envahie les situations les plus banales.

C'est peut-être là la grande réussite de la série que de nous suggérer (mais pas seulement, c'est parfois terriblement explicite) jusqu'au malaise un sentiment de peur, le sentiment d'être une proie à l'image d'Harry Wyckoff et de sa famille.
La proie d'êtres assoiffés de pouvoir et prêts à tout pour parvenir à leurs fins.

Cette atmosphère remarquablement réussie est en partie dû à l'excellente ambiance musicale créée pour l'occasion par Ryūichi Sakamoto et aux standards du rock diffusés ici ou là avec un bel à propos.

Ainsi qu'à une talentueuse distribution, il n'y a rien à jeter du côté de l'interprétation.

L'autre atout qui participe de porter Wild Palms en tête du peloton des bonnes série télévisées c'est sa durée : six épisodes. Ni plus ni moins !
Largement suffisant pour conquérir le pays de notre imagination.


La synthiotique : Une secte dangereuse de techno-chamans dont les membres vénèrent son fondateur milliardaire.
Une journaliste

1 commentaire:

  1. N'oublions pas l'aspect tout simplement métaphorique de l'histoire, où des ambitieux avides de pouvoir sont prêts à dévorer la Réalité pour assujettir les gens.

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