lundi 17 octobre 2016

CHECKMATE (Greg Rucka & Jesus Saiz) Urban Comics

CHECKMATE tome 1 
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L'organisation des Nations Unies rassemble humains & métahumains en une organisation ultra-secrète aux missions confidentielles : Checkmate ! 

Scénario : Greg Rucka + Judd Winick and Co
Dessin : Jesus Saiz and Co
Traduction : Thomas Davier 
Lettrage : Stephan Boschat (MAKMA)  
Contenu : Checkmate Vol.1: A King's Game (#1-7) + Vol.2: Pawn Breaks (#8-12) + Outsiders/Checkmate: Checkout (Outsiders #47-49, Checkmate #13-15) 

Prix : 28 €  

…. À la fin des années 1930, les Etats-Unis inventent, grâce à la ténacité de deux jeunes hommes ce qui deviendra l’un des quadrants du merveilleux contemporain (autrement dit la fantasy) les plus originaux et les plus cosmogoniques qui soit : les super-héros. 
Un véritable creuset syncrétique, capable d’associer avec Superman et consorts tout ce que l’imagination humaine est capable de produire. 
Ce qui culturellement parlant se comprend aisément, puisque le genre qui met en scène ces personnages plus grands que nature, repose sur un imaginaire qui trouve sa source dans les pulp magazines – dont certains ont produit des inventions à nulle autre pareilles : récits policiers hard-boiled (Black Mask), science-fiction (Amazing Stories) ou encore fantasy et fantastique (Weird Tales), etc

Sans oublier un terreau presque mythologique : la Frontière
Devenue en tout cas au pays de l'Oncle Sam, une projection imaginaire passée au prisme de la fascination. 

…. Et l’un des plus beaux représentants de cette esthétique de la fusion est sans aucun doute la série de Greg Rucka & Jesus Saiz intitulée Checkmate

…. Comme vous le savez, dans la fantasy genre auquel appartiennent les super-héros, la magie et les monstres sont une donnée de base qui n’est pas remise en question. Et Greg Rucka le sait aussi. 
Jouant du melting pot qu’offre la culture de masse et des melting plots accessibles aux rois de l’évasion suffisamment inventifs, le scénariste ne s’interdit aucun domaine de l’imagination, qu’il place cependant sous la juridiction des opérations spéciales et de la politique internationales, et politicienne.

Il n’oublie pas de construire des personnages crédibles qu’il innerve pour se faire, de toute la panoplie des sentiments que le genre humain met à sa disposition. 
Intrigues & sous-intrigues fomentent, et se disputent le leadership afin de captiver les lecteurs. Et il est en effet très difficile de ne pas lire d’une traite les 18 numéros parus mensuellement outre-Atlantique entre juin 2006 et août 2007 (15 dans la série Checkmate proprement dite, et 3 dans la série Outsiders). 

Jesus Saiz, parfois remplacé par Cliff Richards ou secondé par Fernando Blanco fait montre d’une mise en récit séquentiel d’une efficacité redoutable. Le rendu des expressions qu’il prête à ses personnages est absolument saisissant, ce qui ajoute une plus-value importante à la caractérisation des personnages, dont j’ai déjà dit tout le bien que je pensais. 
D'autant que l’avancement des intrigues passe surtout via des interactions plutôt que par l’exposition (Show! Don't tell! comme on dit aux U.S.A.) . 
Ne tombant jamais dans l’effet pour l’effet, Jesus Saiz ne néglige pas pour autant quelques prises de risque justement du meilleur ….. effet. 
Son talent ressort d’autant plus que plusieurs numéros – les 13, 14 et 15 – font l’objet d’un crossover avec la série Outsiders, scénarisée alors par Judd Winick (les numéros 47, 48 et 49) et cette rencontre inter-équipe est dessinée par Joe Bennett et Matthew Clark (principalement), et la comparaison est assez douloureuse en défaveur de ces derniers. 
Ces six numéros qui font donc partie d’un crossover intitulé Checkout, sont heureusement très bons sur le plan scénaristique (malgré une mise ne place un peu laborieux), parce que du côté du storytelling ce n’est pas ça du tout. 

Greg Rucka a parfois bénéficié de la collaboration d’autres scénaristes sur la série Checkmate, et il partage ici (crossover oblige) la responsabilité du scénario avec Winick, et les deux compères s’en sortent fort bien. Point important, ne pas avoir lu les numéros précédents d’Outsiders ne semble pas être un problème ; ça ne l’a pas été pour moi en tout cas.
.... En définitive, ce premier tome est une très grande réussite, que même un crossover - pas très bien dessiné - n’arrive pas à ternir. 
Mis en face de cette histoire, il faudrait être de marbre pour le rester. 

À noter que l’une des marottes de Greg Rucka (tout à fait à mon goût d’ailleurs) est joliment mise en valeur dans ce recueil. 
En effet, le scénariste est notamment connu pour mettre en avant dans ses histoires des personnages féminins qui ne font pas que de la figuration. Et cette série n’y déroge pas.


(À suivre ........)

5 commentaires:

  1. c'est ressorti récemment ? parce que tu donnes vraiment envie de l' acheter

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    1. Oui ce moi-ci je crois.

      (Salut amigo, ça faisait longtemps,heureux de te relire)

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    2. Oups ! Je voulais écrire "ce moiS-ci".
      [-_ô]

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  2. désolé de ne pas signaler ma présence alors que je passe tout les jours ;)

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