mercredi 26 octobre 2016

Marvel Universe n° 13 + 14 (Panini)

Numéros sortis respectivement en octobre et décembre 2015
…. Les histoires à base de voyages temporels, de boucle(s) de la même eau et de paradoxes inhérents (ou de leur absence) sont toujours délicats à manipuler. Qu’est-ce qui peut arrêter une boucle temporelle ? Jusqu’où peut aller un voyageur pour modifier le cours du temps ? Ça se complique encore lorsqu’un des protagonistes se souvient des altérations, et pas les autres. Ou que l’équivalent de Dieu participe à l’intrigue. Et la répétition de ce motif - le voyage dans le temps - est presque un aveu. 
Celui d’être à court d’idées dans un univers qui ne peut pas évoluer mais qui doit le laisser croire. 

Ainsi, les voyages dans le temps permettent-ils de créer du changement, mais qui fatalement reviendront là où ils ont commencé à changer le statu quo, et ce retour annulera (souvent, pour ne pas dire toujours) ce qu’on vient de lire. 
Ceci dit, quand c’est bien fait, ça se laisse lire. 
Autant dire que les huit numéros qui constituent ce récit, écrit par Dan Abnett l’un des scénaristes phares du renouveau cosmique de la Maison des Idées, accumulent les chausse-trappes qui sont par ailleurs autant d’exhausteurs de diégèse. Donc très tentant.
Gerardo Sandoval
Mais le résultat n’est pas à la hauteur des enjeux, d’autant que la fin est plombée (pour ne pas dire sabotée) par l’arrivée de l’event intitulé : Secret Wars. Un « événement » dont je soupçonne qu’il a par ailleurs modifié les plans du scénariste. À qui,par la même occasion, je ne pourrais pas reprocher de revenir au statu quo dont je parlais précédemment.
Mais il aurait mieux valu.

Une ingérence éditoriale qui n’est pas la première dans l’Univers de la Maison des Idées. Marvel est une maison d’édition grosse d'un passé foisonnant et tutoyant le canonique pour mieux lui faire rendre gorge ; mais la façon de faire laisse entrevoir au bout d’un moment de sérieux défauts de fabrication.
 D’autant qu’Abnett semble oublier une partie de son intrigue en route (les Unités Corporels Starks et la Conscience-A. Liste non exhaustive) tout en augmentant de façon pléthorique un casting déjà conséquent (d’où mes soupçons), dont certains personnages qui, malgré leur omnipotence, jouent un rôle très secondaire dans l’intrigue, mais permettent de remplir des pages à bon compte.
Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à remplir les pages.
Nico Leon
Les dessins de Gerardo Sandoval, un artiste peu à mon goût j’en conviens, n’arrange rien. Trop caricatural pour moi, et dont le storytelling n'est pas le point fort. D’autant qu’il est remplacé sur les trois derniers numéros par Nico Leon, un dessinateur dont le style est aux antipodes de son prédécesseur. 

À l’incohérence du scénario s’ajoute donc une incohérence artistique, ce qui donne au final une histoire dont on peut dire qu’elle allie le fond et la forme. 

Dommage que ce soit du mauvais côté du spectre de mes attentes. 
 _____________ 
Traduction : Mathieu Auverdin (MAKMA) 
Lettrage : Astarte Design - Roma

2 commentaires:

  1. Dommage, on a l'impression que les scénaristes n'ont jamais trop su quoi faire de ces personnages pourtant potentiellement intéressants.

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    1. Oui, ils devraient déjà arrêter de les balader de voyages temporels en voyages temporels, et exploiter des aventures aux XXXI° siècle.
      Un truc de S-F cosmique déconnecté de l'univers Marvel d'aujourd'hui, sans l'arrière-arrière-arrière petit-fils de Spider-Man, ou la présence d'un Fatalis 3000. [-_ô]

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