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The Swimmer


... J'ai entendu parler de ce film il y a déjà pas mal d'années, cela devait être au sujet d'un livre de photographies sur Burt Lancaster, ou peut-être une biographie ? Toujours est-il que le synopsis était pour le moins intriguant complétement fou.
Un homme Ned Merril (Burt Lancaster) décide alors qu'il se trouve chez de vieux amis qu'il n'a pas vus depuis longtemps  de rentrer chez lui - de l'autre côté de la vallée - à la nage "swimming home" ...

Oui, vous avez bien lu, à la nage en utilisant la "rivière de piscines" qui se trouve entre l'endroit où il est  au moment de sa décision, et sa maison.

Je suis tenté de dire que c'est tout ce qu'il faut savoir du film avant de le regarder, c'est d'ailleurs tout ce que j'en savais...



... Dire d'une musique qu'elle est un acteur à part entière d'un film est un beau lieu commun, c'est pourtant la stricte vérité ici. Si Lancaster porte littéralement le film sur ses épaules, les nombreuses scènes de contemplation ou bien encore silencieuses bénéficient avec beaucoup d'à propos de l'envoutante partition de Marvin Hamlisch. 



Je mentionnais en passant les épaules de Burt Lancaster, je me dois de préciser qu'à 55 ans au moment du tournage l'acteur offre un physique irréprochable, l'ayant laissé quelques 18 ans plus tôt (La Flèche et le Flambeau ou Le Corsaire Rouge) il ne semble pas avoir vieilli du tout.


Si The Swimmer est un film étrange et captivant, sa distribution  en salle ne l'est pas moins, étrange. Ainsi il a fallu attendre 2010 pour qu'il sorte dans les salles  françaises (sous le titre de Le Plongeon). Je rappelle qu'il est sorti en 1968 aux États-Unis.


Pour conclure, j'aimerais y aller d'une petite analyse.

... Ned Merril est un mascaret humain, il va remonter à la source, jusqu'à chez lui. On ne peut ignorer la date à laquelle ce film a été exploité en salle : 1968, Le printemps de la contestation.
Ainsi de courant il est fortement question puisque Ned s'inscrit dans celui des poètes naturaliste (Thoreau en tête) et de la Beat Generation en cela qu'il est, pourquoi pas (?), une sorte de Jack Kerouac aquatique.

Comme Kerouac il semble habiter par le It : une émotion, mais une émotion matinée de "libre émerveillement", de "libre arbitre", de "libre figuration", de "libre interprétation" [..]. La perception voluptueuse, [..] vertigineuse et hallucinatoire, d'une réalité particulière vécue intimement. GÉNÉRATION GLISSE- Alain Loret

Mais Ned Merill n'est pas le fleuve Alphée, capable de se jeter dans la mer et de se reconstituer à l'identique sur l'autre rive : Personne, personne ne sait ce qui va arriver à qui que ce soit, n'étaient les misères de l'âge. SUR LA ROUTE Jack Kerouac

La jeunesse n'est pas une période de la vie,
elle est un état d'esprit, un effet de la volonté,
une qualité de l'imagination
une intensité émotive,
une victoire du courage sur la timidité,
du goût de l'aventure sur l'amour du confort.
On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain
nombre d'années.
On devient vieux parce qu'on a déserté son idéal.
Les années rident la peau, renoncer à son idéal
ride l'âme.

Duty Honor Country 1962
Général Mac Arthur

Et Ned Merill lui, ride la surface des piscines, et va goûter à l'expérience du Karma, mais un Karma non pas transcendantal mais totalement immanent ...


... et ce voyage auquel il nous convie en vaut largement la chandelle, croyez-moi.

Commentaires

  1. Terrib' ! J'achète. Par contre, saurais-tu s'il existe une VF de ce film ?

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  2. Non, je ne sais pas ; j'ai une VOSTFR en ce qui me concerne.

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