Accéder au contenu principal

Bodyguard [Richard Madden / Keeley Hawes]

Série télévisée auto-contenue en six épisodes (malgré une rumeur persistante qu'une deuxième saison serait envisagée), « Bodyguard 2018 », de Jed Mercurio, s'intéresse de près au sergent de police David Budd du service de protection rapprochée des personnalités, placé auprès de la Secrétaire d'État à l'intérieur britannique Julia Montague.
            Scénario à tiroirs, intrigue multipiste, personnages très écrits, la série
bénéficie également d'une riche distribution sur laquelle elle peut s'appuyer pour changer la direction de son récit à n'importe quel moment.
Thriller politique, le sergent Budd est en effet un ancien combattant, et la ministre qu'il protège bataille pour le RIPA ; une loi qui régule la surveillance, les enquêtes et les écoutes électroniques. En outre, dès les premières minutes du premier épisode, « Bodyguard » s'engage sur le terrain du terrorisme islamique grâce à un magistral incipit.
La série ne s'interdit cependant rien et actionne tous les ressorts à sa disposition pour nous tenir en haleine.
            Mais, tout aussi crédible qu'elle tente d'être, il s'agit d'abord d'une fiction qu'on doit regarder comme telle. 
Je précise cette évidence, car aussi bien en Grande-Bretagne que de ce côté-ci de la Manche, la série a eu l'heur de passer au gril des experts.
Croyez-le ou non, alors que le relativisme ne s'est jamais aussi bien porté, on analyse une fiction au travers du microscope des experts. 
C'est d'ailleurs grâce à ses petits arrangements avec les modes opératoires tactiques et politiques, parfois d'ailleurs politiquement courageux, quand bien même son créateur et unique scénariste Jed Mercurio se défend d'avoir fait une fiction à message, que
« Bodyguard » maintient un niveau de qualité très élevé de bout en bout. Tout en se jouant de nos a priori
            Immersifs dès les premières minutes, et entraînant une dépendance toute aussi implacable,
les six épisodes de « Bodyguard » tiennent toutes leurs promesses ; jusqu'à son imprévisible conclusion.  
Mission accomplie !

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Atlanta Deathwatch [Ralph Dennis]

Dans le courant des années 1970, un sous-(mauvais) genre populaire promettait des romans d'action au format « poche » ( paperbacks ), sous des couvertures aussi aguichantes que ce que s'attendait à y trouver les amateurs, essentiellement masculins, de ce type de lecture.  Prétexte à des scènes plus « chaudes » les unes que les autres, l'action (qui prenait souvent l'apparence d'une violence complaisante) n'y était là que pour empêcher lesdits romans d'être exclusivement vendus dans les sex-shops . Ou peu s'en faut.  Toutefois au sein de cette production standardisée (et nombreuse), certains auteurs arrivaient à sortir du lot en produisant des récits hard-boiled qui n'avaient rien à envier à ceux des maîtres du genre - H ammett, C handler pour ne citer qu'eux, mais dans un registre un peu différent.  R alph D ennis (1931-1988) était de ceux-là.              Jim Hardman est un ex-policier dans la quarantaine, détective privé sans licence, du moins

Sandman : Neil Gaiman & Co.

... J e viens de terminer l'histoire intitulée Ramadan , une magnifique histoire certainement l'une de mes favorites avec celle de Calliope ( K elley J ones), en plus dessinée par P . C raig R ussell. Juste avant je venais de lire le premier tome de la série dans la collection Urban Vertigo (traduction de P atrick M arcel) et, décidément, ça ne sera pas ma période préférée du titre. Je suis bien content que lorsque je me suis remis à lire Sandman , le premier tome n'était pas disponible à la médiathèque où je suis inscrit, sinon je n'aurais peut-être pas continué si j'avais comme il se doit, commencé par lui. Déjà il y a quelques années j'avais achoppé sur les premiers numéros (plusieurs fois), cela dit il y a quand même des choses qui m'ont réjoui dans ce premier tome : le premier numéro, le traitement de John Constantine , la présence de  G . K . C hesterton et l'idée du "lopin du Ménétrier", l'épisode n°8, " Hommes de bon

La disparition de Perek [Hervé Le Tellier]

« — Tu oublies un truc important, ajouta Gabriel.  — Dis pour voir…  — C'est nous les gentils. » Créé, selon la légende, lors d'une discussion de bistrot qui rassemblait J ean- B ernard P ouy, P atrick R aynal et S erge Q uadruppani, la série Le Poulpe est un mélange d'influences.              Paradoxalement il s'agissait de contrer la littérature de gare qualifiée de « crypto-fasciste », représentée par les SAS de G érard de V illiers, ou la série de L’Exécuteur par D on P endleton. Des titres bien trop présents dans les libraires des gares hexagonales aux dires des mousquetaires gauchistes, dont la visibilisé (et le succès)  serait ainsi gênée grâce à un projet tentaculaire ( sic ) d' agit-prop littéraire.              Une envie néanmoins déclenchée par la déferlante du Pulp Fiction 1994 de T arantino (d'où le surnom du personnage éponyme), qui allait mettre à l'honneur (pour le pire) la littérature des pulp magazines américains. Cherchez l'er