Accéder au contenu principal

Le Mystère de l'inquisiteur Eymerich [Valerio Evangelisti / Serge Quadruppani]

Juin 1354, l'inquisiteur Nicolas Eymerich accompagne l'expédition du roi Pierre IV d'Aragon, parti soumettre le seigneur-juge Mariano IV, qui s'est emparé du contrôle d'une partie de la Sardaigne.
            Comme vous le savez peut-être,chaque roman de Valerio Evangelisit qui s'intéresse à l'inquisiteur Nicolas Eymerich propose différents points de vue, à différentes époques.
J'ai choisi, pour ma part, de lire le cycle des 12 tomes en suivant la chronologie de l'inquisteur. Ce qui fait que « Le Mystère de l'inquisiteur Eymerich », quatrième tome publié (en 1996 en Italie), se place en deuxième position chronologiquement parlant. Entre Nicolas Eymerich, inquisiteur [Pour en savoir +] et Le Corps et le sang d'Eymerich ( également sorti en 1996).
            D'une certaine manière, le Temps, selon Valerio Evangelisti, dans ce cycle, peut-être considéré comme un « univers-bloc ». 
On peut se le représenter comme un disque vinyle dont chaque sillon suivrait la vie de chaque individu de toute éternité. Il s'agit d'un très grand disque.
La tête de lecture, lorsqu'elle suit un sillon, ici Nicolas Eymerich durant une partie de l'été 1354, ne fait pas pour autant disparaitre le sillon de Wilhelm Reich, qui pour nous débutera en 1934, pas plus que celui dit des « enfants du Futur ». Ni même l'étrange rencontre entre Wilhelm Reich et Nicolas Eymerich qui fait également l'objet de plusieurs chapitres.
Pour les complétistes, je précise que le sillon qui s'intéresse aux « enfants du Futur » nous fait brièvement rencontrer Phil Tanner, lequel joue un rôle plus conséquent dans la nouvelle intitulée Metallica, publiée dans le recueil Métal Hurlant (ed. Rivages) dans lequel on pouvait aussi lire Venom [Pour en savoir +]. Si ce court récit n'est en aucun cas essentiel pour comprendre « Le Mystère de l'inquisiteur Eymerich », il est d'une facture qui mérite de s'y attarder.
            Je récapitule : on peut donc commencer le cycle par Nicolas Eymerich, inquisiteur, puis on enchaîne par la nouvelle Venom, puis Metallica (dans le même recueil), et enfin « Le Mystère de l'inquisiteur Eymerich ».
            Ce rythme, qui fait alterner différentes époques au sein de chaque roman est un bonheur pour les amateurs de suspense. 
Les amateurs d'épouvante « organique » seront aussi ravis en lisant cette excellente histoire. 
Où le rôle-titre y apparaît sans pitié, mais aussi d'une malignité dérangeant. 
Tout y est d'ailleurs malaisant : la Sardaigne où vous n'aurait sûrement pas l'idée d'aller passer vos prochaines vacances en refermant ce roman, le sort de Reich, et enfin celui des « enfants du Futur ».
Valerio Evangelisti est un auteur qui aura décidément beaucoup à se faire pardonner lorsqu'il comparaîtra devant ses personnages.
            « Le Mystère de l'inquisiteur Eymerich » est un roman-feuilleton dont les qualités risquent de vous faire oublier tous vos autres engagements. Captivant, il est aussi une formidable fenêtre sur l'Histoire : Wilhelm Reich (1897 - 1957), si vous ne le connaissez pas, est par exemple un individu qui vaut le largement détour.
Le jugement est donc sans appel : (À suivre ......)               

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Blade Runner (vu par Philippe Manœuvre)

Après vous avoir proposé Star Wars vu par le Journal de Spirou de 1977 (ou du moins d'un des numéro de cette année-là), c'est au tour de Blade Runner vu par P hilippe M anœuvre en 1982 dans les pages de la revue Métal Hurlant . Il va de soit qu'avec un titre tel que : "C'est Dick qu'on assassine" le propos de l'article ne fait pas de doute. Pour rappel, le film est sorti en France le 15 septembre 1982, Métal Hurlant au début de ce même mois de 82. Bonne lecture.

SKEUD [Dominique Forma]

Johnny Trouble est le roi du vinyle pirate, fruit d'enregistrements qui ne le sont pas moins. Des galettes vendues sous le manteau, jamais commercialisées par les maisons de disques. Le « skeud » (ou disque en verlan) du titre du premier roman de D ominique F orma. Qui pour sa réédition chez Rivages™ en 2015, a été un poil ripoliné par l'auteur.             D ominique F orma est un individu atypique dans le paysage culturel hexagonal.  Au début des années 1990 il part aux U.S.A. sans plan de carrière, et se retrouve music supervisor au sein de l'industrie du cinéma. Il en profite pour apprendre la mise en scène et l'écriture sur le tas, et après un court-métrage s'impose réalisateur sur l'un de ses propres scénarios. L'aventure, avec rien de moins que J eff B ridges au casting , ne tournera pas à son avantage, j'y reviendrai prochainement. En attendant, de retour en France , en 2007, il contacte P atrick R aynal sur les conseils de P hilippe G arnier

La Famille Winter [Clifford Jackman / Dominique Fortier]

Itinéraire sanglant d’ex-soldats de l’Union, de civils, et d’un esclave ; un groupe disparate auquel se joindra, au fil du temps, d’autres individus de la même trempe, et qui sera connu sous le surnom de « famille Winter », de 1864 à 1900, le fix-up de C lifford J ackman est une réussite totale.  Le résultat qu’aurait pu produire la rencontre entre La horde sauvage et Gangs of New-York .              Rédigé à partir d’une nouvelle ( Oklahoma 1891 ) à laquelle le jeune auteur canadien ajoutera d’autres courts récits, liés par de brefs résumés, pour finalement prendre la forme d’un roman (la définition même du « fix-up ») intitulé donc « La Famille Winter ».  Une somme à laquelle il est intéressant d’ajouter une autre nouvelle California 1901 , disponible séparément * , pour former un tout cohérent.              Des États-Désunis aux champs pétrolifères californiens, en passant par les « guerres indiennes », C lifford J ackman convoque aussi bien les groupes de vigilantes au service