Accéder au contenu principal

Un coup de poignard [Adam-Troy Castro / Benoît Domis]

Cette nouvelle de 70 pages, au sommaire du deuxième tome des enquêtes de la procureure extraordinaire Andrea Cort, est un crossover
            C’est-à-dire qu’elle réunit dans une histoire, deux des personnages récurrents de l'écrivain étasunien Adam-Troy Castro : Andrea Cort bien sûr, après tout le sommaire de La troisième griffe de dieu lui est dédié ; et Draiken, une barbouze en rupture de ban, probablement au service du plus offrant. 
« Un coup de poignard », ladite nouvelle, offre également, une fois n’est pas coutume, d’être racontée du point de vue de l’invité. Et de s’affranchir de la narration « à pas de loupe », qui avait été jusque-là la caractéristique du vaste space opera que constituent Émissaires des morts [Pour en savoir +] et La troisième griffe de Dieu
            Plus proche d’un thriller donc que d’un whodunit, ce récit laisse la part belle à l’indispensable assistant d’Andrea Cort, les Porrinyard, une paire d’inseps au centre de toutes les attentions. 
            Si le plan quasi dialectique de « Un coup de poignard » ne surprendra personne, Adam-Troy Castro propose néanmoins une mise en scène et des personnages qui font parfaitement le job. 
Tout en proposant un abrégé de l’univers dans lequel évolue son héroïne. 
Un résumé qui pourra apparaitre redondant à quiconque vient de lire l’enquête éponyme sur Xana, roman qui précédé au sommaire cette nouvelle, mais dont la nécessité est dictée par le contexte éditorial de sa publication. 
            En effet ce court récit, qui s’intercale chronologiquement juste après La troisième griffe de Dieu et avant La guerre des Marionnettes qui devrait clore le cycle consacré à Andrea Cort, a été publié en 2018. Soit bien après les deux romans qui l’encadrent ; respectivement commercialisés en 2008 et 2012 outre-Atlantique. 
Placée au sommaire d’une revue parmi d’autres nouvelles sans aucun lien entre elles, « Un coup de poignard » (A Stab of the Knife en version originale) devait contextualiser un minimum l’univers dans laquelle elle s’insérait. Dont acte. 
            « Un coup de poignard » est aussi un coup de couteau dans le contrat de mariage qui semble lier, vaille que vaille, Andrea Cort aux types d'enquêtes formulés en son temps par A.E Poe [Pour en savoir +]. L’espace d’une aventure, elle laisse donc totalement la bride sur le cou à Skye & Oscin l'insep, ce dont elle n’aura – pour cette fois – pas à rougir ! 
La troisième griffe de Dieu sera disponible demain, le 2 juin 2021, dans toutes les librairies de France et de Navarre.
Mais n'oubliez pas que ce deuxième tome fait partie d'un cycle dont la lecture chronologique est fortement recommandée.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Sandman : Neil Gaiman & Co.

... J e viens de terminer l'histoire intitulée Ramadan , une magnifique histoire certainement l'une de mes favorites avec celle de Calliope ( K elley J ones), en plus dessinée par P . C raig R ussell. Juste avant je venais de lire le premier tome de la série dans la collection Urban Vertigo (traduction de P atrick M arcel) et, décidément, ça ne sera pas ma période préférée du titre. Je suis bien content que lorsque je me suis remis à lire Sandman , le premier tome n'était pas disponible à la médiathèque où je suis inscrit, sinon je n'aurais peut-être pas continué si j'avais comme il se doit, commencé par lui. Déjà il y a quelques années j'avais achoppé sur les premiers numéros (plusieurs fois), cela dit il y a quand même des choses qui m'ont réjoui dans ce premier tome : le premier numéro, le traitement de John Constantine , la présence de  G . K . C hesterton et l'idée du "lopin du Ménétrier", l'épisode n°8, " Hommes de bon

La disparition de Perek [Hervé Le Tellier]

« — Tu oublies un truc important, ajouta Gabriel.  — Dis pour voir…  — C'est nous les gentils. » Créé, selon la légende, lors d'une discussion de bistrot qui rassemblait J ean- B ernard P ouy, P atrick R aynal et S erge Q uadruppani, la série Le Poulpe est un mélange d'influences.              Paradoxalement il s'agissait de contrer la littérature de gare qualifiée de « crypto-fasciste », représentée par les SAS de G érard de V illiers, ou la série de L’Exécuteur par D on P endleton. Des titres bien trop présents dans les libraires des gares hexagonales aux dires des mousquetaires gauchistes, dont la visibilisé (et le succès)  serait ainsi gênée grâce à un projet tentaculaire ( sic ) d' agit-prop littéraire.              Une envie néanmoins déclenchée par la déferlante du Pulp Fiction 1994 de T arantino (d'où le surnom du personnage éponyme), qui allait mettre à l'honneur (pour le pire) la littérature des pulp magazines américains. Cherchez l'er

Dirty Harry ; critique d'une analyse politique partiale et idéologique

« Harry est un mal nécessaire, au même titre qu'un avocat ; lequel est prêt à tout pour arriver à ses fins, sans se soucier des conséquences de ses actes. Un avocat fait du droit sans se soucier de justice. Alors qu'Harry sert la justice sans ce soucier du droit. Ainsi son cœur est-il toujours du côté de la victime, alors qu'un avocat ajuste sa sympathie en fonction de ses intérêts. Un avocat peut être répugnant, mais on a besoin de lui. Et l'on peut penser la même chose d'Harry Callahan. ». ( J ohn M ilius.)             Au gré de recherches sur l'Internet © je suis tombé sur une vidéo [ Pour en savoir + ] dont le thème avait tout pour m'intéresser ; une analyse politique du cinéma dont le sujet est le film Dirty Harry 1971 . E astwood, S iegel, M ilius, le cinéma des années 1970, bref que du bon, et en plus dans un format ramassé (19'29").             D'entrée de jeu la vidéo s'attaque à une vieille lune : « À sa sortie en 1971, L’Inspect