Accéder au contenu principal

Le mystère du tramway hanté [P. Djèlí Clark / Mathilde Montier]

Uchronie dont le point Renouvier© se situe aux environs de 1870, « Le mystère du tramway hanté » décrit une Égypte utopique dont le futur est arrivé bien plus tôt que pour celle que nous pouvons connaitre. Ambiance « Djinnpunk » pourrais-je dire, pour cette novella, puisque que ce n'est pas la vapeur qui alimente la technique émancipatrice, comme dans le Steampunk®, mais les djinns que les travaux du savant al-Jahiz ont amenés sur ce plan de réalité 40 ans plus tôt que les faits qui y seront décrits.
            Si vous avez lu L'Étrange affaire du djinn du Caire - déjà traduit par Mathilde Montier pour les éditions de l'Atalante™ - vous êtes en terrain connu [Pour en savoir +]. Non seulement la présente novella se déroule dans le même univers, mais P. Djèlí Clark y invite Fatma el-Sha’arawi, l'agente spéciale du ministère égyptien de l'Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles.
Une sorte de crossover en somme.
C'est incidemment ce même ministère qui sera au prise ici avec un nouveau mystère. 
            Si la surnature de ces Mille et une nuits des Merveilles peut se révéler dangereuse et mortelle, la société décrite y est apaisée. Les religions cohabitent entre elles, des cultes plus anciens sont admis, les femmes y revendiquent le droit de vote sans heurts, ni commentaires, et les agents du ministère égyptien de l'Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles discutent tranquillement d'une affaire en cours avec la première venue.
            Au final « Le mystère du tramway hanté » est une lecture qui rappellera à ceux qui en ont lu ces romans policiers anglais, où on devise entre gens de bonnes compagnie. Même si P. Djèlí Clark sait aussi instiller le malaise lors de rencontre moins policées. 
Rapide, agréable à lire, « Le mystère du tramway hanté » ne vous empêchera pas d'en prendre un, ni n'entraînera de cauchemars.   
Convient aussi aux jeunes lecteurs.      

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

David Galula et la théorie de la contre-insurrection [Driss Ghali]

D avid G alula (1919-1967) est un stratégiste français, passé par Saint-Cyr , qui a participé à la seconde Guerre Mondiale, et à la guerre d'Algérie.             Attaché d'ambassade en C hine auprès du colonel J acques G uillermaz à partir de 1945, puis membre de la commission spéciale des Nations Unies dans les Balkans , il a l'occasion d'observer de très près la guerilla qu'y livre M ao T sè- T oung, ainsi que la guerre civile grecque. De 1951 à 1956 il est attaché militaire à H ong-Kong où il rencontre notamment des spécialistes américains et anglais de la contre-insurrection. Laquelle deviendra son champ d'expertise, fort de ce qu'il a appris en Chine et en Grèce .             De 1956 à 1958, il mettra en pratique ses théories en Algérie où il est affecté, et plus précisément dans le djebel Mimoun , en Grande Kabylie .          ...

Le KU KLUX KLAN (3)

... Quelque soit son véritable poids idéologique ou même politique aujourd'hui, le Ku Klux Klan a déteint sur la culture de masse ; qui n'a pas entendu parler de la célèbre marque de cigarettes  Marlboro et des trois "K" présents sur son paquet, d'un homme qui en regarde un autre pendu (dont on ne verrait que les jambes), et sur la troisième image : la silhouette d'un Klansman ...  (liste non-exhaustive) . Marlboro n'est d'ailleurs pas la seule marque de cigarettes à avoir eu droit à des investigations sur la signification du design de son paquet de cigarette, Camel aussi. Dés les débuts du Klan , le bruit court que ces cavaliers "surgis hors de la nuit" sont les fantômes des soldats Confédérés morts au combat, des soldats qui ayant vendu leur âme au Diable sont de retour ici-bas et annoncent l'Apocalypse. Le nom même du groupuscule a longtemps était entendu comme le bruit que fait la culasse d'un fusil lorsqu'on l...

Citizen Vigilante [Uwe Boll / Armie Hammer]

Interdit en Allemagne , ce qui lui a fait profiter de l’Effet Streisand™ (du moins sur X ® ) Citizen Vigilante est donc le dernier film en date du réalisateur allemand U we B oll - « le pire des meilleurs réalisateurs ou le meilleur des pires réalisateurs », a-t-on pu dire de lui.              L’argument du film est celui-ci : un riche Américain, Sanders ( A rmie H ammer, impeccable comme le reste de la distribution), ex-militaire, décide de palier l’incurie du système judiciaire d’un pays d’ Europe en appliquant une justice expéditive en dehors de tout cadre légal ( vigilantism ).              Compte tenu du courage politique d’ U we B oll, son film ne fera pas parler de lui. À l’instar cela dit, de ce qu'il montre.  Car B oll s’attaque à une « vache sacrée » des démocraties occidentales : la surreprésentation de l’immigration de masse dans les crimes et délits. Mais aussi et surtout, la protection dont bénéf...