Accéder au contenu principal

The Mighty (DARK HORSE)

THE MIGHTY (TPB)
En tant qu’unique super-héros, Alpha One est devenu une icône de l'espoir dans ces temps incertains. Mais alors que la population est inspirée à distance par leur sauveur, le capitaine de police Gabriel Cole est assez proche de lui pour découvrir que les plans d'utopie d'Alpha One sont plus radicaux que ce que le monde croit ! 
Un recueil des douze numéros de la série publiés chez DC Comics


Scénaristes : Peter J. Tomasi & Keith Champagne
Dessinateurs : Peter Snejbjerg + Chris Samnee
Coloriste : John Kalisz
Couverture originale de Ryan Sook
+ couvertures (originales) intérieures de Dave Johnson
__________________________
Genre : Super-héros
Sortie : le 3 décembre 2014
Format : SC, 304 pages, TPB
Prix : 19,99 $ (acheté d'occasion 2,39 € + 2,99 € de frais de port)
Classification de l'éditeur : à partir de 14 ans

…. Peu avant la publication du recueil (tpb) dont il est question ici, l’éditeur Dark Horse a proposé une histoire – inédite - du héros éponyme, en 3 livraisons dans sa revue anthologique Dark Horse Presents (Vol. 3 #4-6) sur laquelle je reviendrai ultérieurement, écrite par Keith Champagne le co-auteur et co-créateur de la série. 
En effet bien que préalablement publiés par DC Comics, les douze numéros de The Mighty sont un travail qui a été accepté sous le régime du creator-owned, autrement dit ce sont les créateurs qui sont propriétaires de leur production (contrairement au work for hire où ils louent leur(s) talent(s) sans détenir de droits sur ce qu’ils produisent)*.
…. Si la sortie de The Mighty est presque concomitante avec celle d'Irredeemable (Irrécupérable : Pour en savoir +) de Mark Waid & Peter Krauss, respectivement sortis en février 2009 (avec une date de couverture d’avril 2009) et en avril 2009, série avec laquelle elle partage un point de départ similaire – leur personnage principal est dans les deux cas un avatar de Superman – leur traitement, qui va pourtant également emprunter un angle proche, diverge radicalement quant au(x) résultat(s). 

En outre, Keith Champagne a déclaré lors d'un entretien, que l’idée de The Mighty était en développement depuis les années 2000/2001 ; ce qui donne une perspective intéressante sur le résultat si on y juxtapose - même superficiellement - une grille de lecture politique américano-centrée. 

.... Peter J. Tomasi & Keith Champagne choisissent dans un premier temps de nous laisser percevoir Alpha One (qui devait s’appeler au stade du développement Omega d’après le troisième co-créateur de la série Peter Snejbjerg ) au travers de son entourage et des différentes personnes qu’il sauve, ou de leurs proches lorsque son intervention n’a pas suffit. 
Un entourage restreint, car essentiellement composé de la « section Omega ».
Une organisation qui gère son image publique, mais aussi une sorte de police dont le capitaine est aussi son porte parole. 
Et son plus proche collaborateur. 

Le commandant de cette section, Gabriel Cole, fraîchement promu, va développer une relation avec l’unique super-héros connu de cette Terre - qui ressemble beaucoup à la notre -  qui n’est pas sans rappeler aux lecteurs aguerris de BD outre-atlantiennes, celle qu’ont - plus ou moins – entretenu Superman et Jimmy Olsen au fil de leurs aventures. 
Du moins au début de The Mighty.
Du scénario à la planche finale
…. Contrairement à Irrécupérable de Mark Waid (série avec laquelle je dressais un parallèle) publiée par l’éditeur Boom Studio!, les ventes de The Mighty n’ont pas été mirobolantes.
Selon mes sources, en juillet 2009 Irredeemable aurait vendu 13 623 exemplaires alors que le même mois The Mighty n’en aurait vendu que 6600.
La différence est d’autant plus notable que le seuil de rentabilité exigé, ne doit pas être le même chez un éditeur de l’importance de DC Comics que chez Boom Studio !.
Ce qui explique sûrement que la série de Waid a duré trois fois plus longtemps.
Et que The Mighty a sûrement été jusqu'au terme de son premier arc, grâce au type de contrat qui le liait à l'éditeur (?).

Néanmoins, les douze numéros de The Mighty proposent donc une histoire toute à fait satisfaisante en termes de résolution d’intrigues. Aucune déception à attendre de ce côté-là. Ni ailleurs.

Soutenus par Peter Snejbjerg puis Chris Samnee aux dessins, dont la prise de relais de l’un par l’autre se passe sans heurt (et pour cause Snejbjerg a tenu comme il l'explique en substance dans les 6 pages de bonus, a fournir un storyboard à l'artiste prenant sa suite), Peter J. Tomasi & Chris Champagne livrent un scénario dont on entrevoit l’architecture générale mais dont la visite plus méticuleuse, numéro après numéro, réserve quelques (bonnes) surprises.

Du reste, Alpha One se démarque rapidement de sont illustre modèle, et propose une perspective (à ma connaissance) inédite de ce stéréotype.

…. Au final, The Mighty est une lecture très recommandable, dont la fin – ouverte – plutôt que de décevoir, stimule l’imagination de ceux qui seront allés jusqu’au bout. 
Ce qui sera, je n’ai aucun doute là-dessus, le sort réservé à tous ceux qui en tenteront l’expérience.
_____________________

* Toutefois les auteurs peuvent le cas échéants obtenir des « compensations » sur les ventes dans certains cas de work for hire (je n’utilise pas le terme de « royalties » car il sous-entend la notion de « propriété » ce que réfute absolument ce cas de figure).
Ou dans d’autres cas, être propriétaires de la série et des personnages mais avec l’éditeur (je pense en particulier à Hypernaturals : Pour en savoir +).
Bref j’imagine que les deux types de contrat sont modulables.  

Scénario : 9,30/10
Dessin : 9,65/10

Appréciation globale : « Je suis ainsi fait que j'aime mieux commettre une injustice que de souffrir le désordre. » (1822/Goethe)


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Sandman : Neil Gaiman & Co.

... J e viens de terminer l'histoire intitulée Ramadan , une magnifique histoire certainement l'une de mes favorites avec celle de Calliope ( K elley J ones), en plus dessinée par P . C raig R ussell. Juste avant je venais de lire le premier tome de la série dans la collection Urban Vertigo (traduction de P atrick M arcel) et, décidément, ça ne sera pas ma période préférée du titre. Je suis bien content que lorsque je me suis remis à lire Sandman , le premier tome n'était pas disponible à la médiathèque où je suis inscrit, sinon je n'aurais peut-être pas continué si j'avais comme il se doit, commencé par lui. Déjà il y a quelques années j'avais achoppé sur les premiers numéros (plusieurs fois), cela dit il y a quand même des choses qui m'ont réjoui dans ce premier tome : le premier numéro, le traitement de John Constantine , la présence de  G . K . C hesterton et l'idée du "lopin du Ménétrier", l'épisode n°8, " Hommes de bon

Dirty Harry ; critique d'une analyse politique partiale et idéologique

« Harry est un mal nécessaire, au même titre qu'un avocat ; lequel est prêt à tout pour arriver à ses fins, sans se soucier des conséquences de ses actes. Un avocat fait du droit sans se soucier de justice. Alors qu'Harry sert la justice sans ce soucier du droit. Ainsi son cœur est-il toujours du côté de la victime, alors qu'un avocat ajuste sa sympathie en fonction de ses intérêts. Un avocat peut être répugnant, mais on a besoin de lui. Et l'on peut penser la même chose d'Harry Callahan. ». ( J ohn M ilius.)             Au gré de recherches sur l'Internet © je suis tombé sur une vidéo [ Pour en savoir + ] dont le thème avait tout pour m'intéresser ; une analyse politique du cinéma dont le sujet est le film Dirty Harry 1971 . E astwood, S iegel, M ilius, le cinéma des années 1970, bref que du bon, et en plus dans un format ramassé (19'29").             D'entrée de jeu la vidéo s'attaque à une vieille lune : « À sa sortie en 1971, L’Inspect

La disparition de Perek [Hervé Le Tellier]

« — Tu oublies un truc important, ajouta Gabriel.  — Dis pour voir…  — C'est nous les gentils. » Créé, selon la légende, lors d'une discussion de bistrot qui rassemblait J ean- B ernard P ouy, P atrick R aynal et S erge Q uadruppani, la série Le Poulpe est un mélange d'influences.              Paradoxalement il s'agissait de contrer la littérature de gare qualifiée de « crypto-fasciste », représentée par les SAS de G érard de V illiers, ou la série de L’Exécuteur par D on P endleton. Des titres bien trop présents dans les libraires des gares hexagonales aux dires des mousquetaires gauchistes, dont la visibilisé (et le succès)  serait ainsi gênée grâce à un projet tentaculaire ( sic ) d' agit-prop littéraire.              Une envie néanmoins déclenchée par la déferlante du Pulp Fiction 1994 de T arantino (d'où le surnom du personnage éponyme), qui allait mettre à l'honneur (pour le pire) la littérature des pulp magazines américains. Cherchez l'er