Accéder au contenu principal

Les Amazoniques (Boris Dokmak)

.... Deuxième roman de Boris Dokmak, (9,90 €) paru aux éditions RING/La Mécanique Générale, Les Amazoniques est un polar dit « ethnique ».

C'est-à-dire un roman qui, s'il s'articule autour d'un meurtre et d'une enquête, s'attache à décrire le plus précisément possible les us & coutumes d'une société étrangère (ou supposée telle), voire exotique, aux lecteurs qui la liront. 
Un milieu qui n'est pas un décor de carton-pâte mais presque un personnage à part entière, en tout cas un élément essentiel de l'histoire (sans pour autant qu'il soit d'une rigueur scientifique à toutes épreuves).
Des romanciers comme Tony Hillerman, Arthur Upfield ou encore Caryl Férey s'y sont frottés avec succès & brio.
Kourou, 2014, une femme fait son jogging et se retrouve subitement nez à nez avec un Indien qui s’effondre devant elle. C’était le dernier des Arumgaranis.
Boris Dokmak nous emmènera, suite au prologue brièvement résumé supra, en 1967 au cœur d'une Guyane qui emprunte autant à Joseph Conrad (celui d'Au cœur des ténèbres) qu'à Hergé (au travers de la tribu des Arumgaranis) sur les traces d'un flic métropolitain envoyé là-bas pour faire la lumière sur un meurtre. 

Son personnage principal, l'ex-lieutenant Saint-Mars, dont la gouaille n'est pas sans rappeler celle des personnages chers à Auguste Le Breton, mettra au jour un événement oublié de l'Histoire (et toujours pas admis pas ses instigateurs), mais transposé, dans une veine proche de ce qu'a fait avec beaucoup de talent Didier Daeninckx dans des romans comme Meurtre pour mémoire ou Le Der des ders.

.... La version poche que j'ai lue fait 454 pages, et sans rien enlever à l'originalité du mobile, pas plus qu'à l'ambiance du roman, ni à l’intérêt que j'ai éprouvé envers des Arumgaranis force m'est de dire que Les Amazoniques est un roman qui aurait - selon moi - gagné à être plus court. 
Les préparatifs qui se déroulent à Santa Margarita sont bien trop longs (sans qu'ils apportent quoi que ce soit d'essentiel à l'intrigue), le voyage puis la fuite de Saint-Mars sont eux aussi interminables, et finalement l'épilogue tombe sans que j'aie trop bien saisi comment il s'articule avec le prologue (y a-t-il eu une enquête en 2004 ? Quid du « livre noir » ?)  .  

Cela dit, il y a de très très bons moments, notamment quelques digressions sur les Arumgaranis et l'idée que s'en font les intellectuels « civilisés», quand bien même s'agit-il ici d'un peuple fictif.

.... En définitive me reste un sentiment très mitigé, et si Les Amazoniques m'a donné envie de lire de nouveau - malgré tout- Boris Dokmak (dont l'imagination m'a séduit), la pagination de son autre (et précédent) roman : La Femme qui valait trois milliards (758 pages) douche pour l'instant mes velléités .

(À suivre .... ?) 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Sandman : Neil Gaiman & Co.

... J e viens de terminer l'histoire intitulée Ramadan , une magnifique histoire certainement l'une de mes favorites avec celle de Calliope ( K elley J ones), en plus dessinée par P . C raig R ussell. Juste avant je venais de lire le premier tome de la série dans la collection Urban Vertigo (traduction de P atrick M arcel) et, décidément, ça ne sera pas ma période préférée du titre. Je suis bien content que lorsque je me suis remis à lire Sandman , le premier tome n'était pas disponible à la médiathèque où je suis inscrit, sinon je n'aurais peut-être pas continué si j'avais comme il se doit, commencé par lui. Déjà il y a quelques années j'avais achoppé sur les premiers numéros (plusieurs fois), cela dit il y a quand même des choses qui m'ont réjoui dans ce premier tome : le premier numéro, le traitement de John Constantine , la présence de  G . K . C hesterton et l'idée du "lopin du Ménétrier", l'épisode n°8, " Hommes de bon

Dirty Harry ; critique d'une analyse politique partiale et idéologique

« Harry est un mal nécessaire, au même titre qu'un avocat ; lequel est prêt à tout pour arriver à ses fins, sans se soucier des conséquences de ses actes. Un avocat fait du droit sans se soucier de justice. Alors qu'Harry sert la justice sans ce soucier du droit. Ainsi son cœur est-il toujours du côté de la victime, alors qu'un avocat ajuste sa sympathie en fonction de ses intérêts. Un avocat peut être répugnant, mais on a besoin de lui. Et l'on peut penser la même chose d'Harry Callahan. ». ( J ohn M ilius.)             Au gré de recherches sur l'Internet © je suis tombé sur une vidéo [ Pour en savoir + ] dont le thème avait tout pour m'intéresser ; une analyse politique du cinéma dont le sujet est le film Dirty Harry 1971 . E astwood, S iegel, M ilius, le cinéma des années 1970, bref que du bon, et en plus dans un format ramassé (19'29").             D'entrée de jeu la vidéo s'attaque à une vieille lune : « À sa sortie en 1971, L’Inspect

La disparition de Perek [Hervé Le Tellier]

« — Tu oublies un truc important, ajouta Gabriel.  — Dis pour voir…  — C'est nous les gentils. » Créé, selon la légende, lors d'une discussion de bistrot qui rassemblait J ean- B ernard P ouy, P atrick R aynal et S erge Q uadruppani, la série Le Poulpe est un mélange d'influences.              Paradoxalement il s'agissait de contrer la littérature de gare qualifiée de « crypto-fasciste », représentée par les SAS de G érard de V illiers, ou la série de L’Exécuteur par D on P endleton. Des titres bien trop présents dans les libraires des gares hexagonales aux dires des mousquetaires gauchistes, dont la visibilisé (et le succès)  serait ainsi gênée grâce à un projet tentaculaire ( sic ) d' agit-prop littéraire.              Une envie néanmoins déclenchée par la déferlante du Pulp Fiction 1994 de T arantino (d'où le surnom du personnage éponyme), qui allait mettre à l'honneur (pour le pire) la littérature des pulp magazines américains. Cherchez l'er