Accéder au contenu principal

The Jungle Rot kid on the Nod (FIN)

... Des bulles d'orgone fraîches et bleues tombent dans le soleil couchant, qui a l'air d'un tampax sanguinolent dont les tentacules puants et écarlates s'étendent sur la bouse terrestre. La nuit s'avance comme des flics en panier à salade. Les tropiques sauvages exhalent leurs sons mystérieux.. Numa le Lion rugit, les perroquets aux plumes vertes et aux yeux jaunes comme un clochard défoncé style Panama 1910 crient Rache !
... Le sang boche va couler, déjà les cous choucrouteux craquent comme des bâtons de cannelle, Tarzan pose son pied sur le cul mort d'un Teuton abattu et pousse son cri de victoire, ce qui fait chier dans son froc Numa le roi des animaux fondu-enchaîné.
... Tarzan et sa nana vivent maintenant dans leur vieille maison dans les arbres... les chimpanzés slacahc sed rueohc ua diep ruel tnennerp (1), Numa rugit, Sheeta la panthère feule comme un vieux junkie. Jane, alias la Pute de baltimore, grogne, rogne, couine, à cause des moustiques mouches tsé-tsé fourmis hyènes et tous ces gomangani arrogants qui s'installent dans le coin, qui transforment en trois jours la jungle propre en vrai bordel, et pourtant chuis pas raciste tu sais j'ai des tas de copains les Waziris, t'aurais dû m'inviter à becqueter, Nairobi n'est qu'à douze cent bornes, ça bouge là-bas bon sang et coupure/

SOURCE

... les arbres débités en planches, les animaux tués, les fleuves pollués pleins de merdes énormes avec ver solitaire, de bouteilles de gin cassées, de capotes anglaises et de contraceptifs féminins, de détergents, de filtres de clopes... et les grands singes dans des zoos américains envoient un télégramme : CLIMAT CALIFORNIEN ET PROGRAMME DE CONFORT GÉNIAUX STOP PAS DE PROBLÈME POUR SE SHOOTER STOP A COTE DE TIJUANA STOP TEL EST LE PRIX DE LA LIBERTÉ DE L'INDIVIDUALITÉ DE LA PHILOSOPHIE EXISTENTIELLE A LA CON STOP
... Opar est un centre touristique, et La tient désormais une boutique d'art-typique-made-in-Japan tandis qu'à chaque geste vous vous heurtez au cul d'un nègre.
... L'Afrique flippante a envahi Tarzan désormais... La voix de Jane et les bruits de la jungle s'amenuisent comme une comète qui abandonne la Terre pour les abysses interstellaires... 
... Tarzan ne bronche pas, fixe son gros orteil, ne pensant à rien - n'en feriez-vous pas autant ? - même pas au con décoré de diamants de La, les femmes ne lui font plus rien, rien ne lui fait plus rien, défoncé comme une bête, dans les vapes, les vertèbres lombaires liquéfiées au-dessous du zéro absolu comme s'il était en contact direct avec le responsable de l'hydrogène liquide à Cap Kennedy....
... Le Kid voyage avec un aller-simple sur le Hegel-Express : thèse-antithèse-synthèse, suçant à l'intérieur des bulles d'orgone blues et fraîches, suçant l'Éternel Absolu....

UNIVERS 02 éditions J'AI LU - septembre 1975 
The Jungle Rot Kid on the Nod, Philip José Farmer - New Worlds - 1970

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Killing Joke [USA Magazine n°36]

En septembre 1988, le Joker fait la couverture de « USA Magazine », magazine publié sous la direction de Fershid Bharucha. Cette illustration est, nous dit Brian Bolland « une étude dessinée à Paris (avec des marqueurs en fin de vie, (...)). Le dessinateur italien Tanino Liberatore en a tiré une version peinte (...). »
Dans ce même numéro, en complément de la parution de l'épisode du mois de Killing Joke, alors pré-publié sous le titre de  Souriez, Jean-Paul Jennequin livre un article de  deux pages :
C'est tout pour aujourd'hui ! 
(Tous mes remerciements à Albert.)

Le pot au noir [Robert Ferrigno / Hubert Galle]

Ce roman m'a été recommandé par Duane Swierczynski [Pour en avoir +]. Jeune lecteur encore adolescent, assidu de Sf et de fantastique, Swierczynski est entré dans le monde du polar et du thriller, grâce au roman de Robert Ferrigno.
« Le pot au noir » commence comme un roman policier tout ce qu'il y a de plus conventionnel : une disparition inquiétante, un suspect tout ce qu'il y a de crédible, et un duo de flics. L'ambiance rappelle celle de la série «Miami Vice», mais l'histoire se passe sur la côte Ouest des U.S.A..
D'une certaine manière, les premiers chapitres pourraient desservir ce roman, en en cachant ce qui fera son originalité, sous le vernis du tout venant.
Sauf que dès le départ, Robert Ferrigno, traduit par Hubert Galle pour les éditions Flammarion, a la bonne idée de peupler son ouvrage de personnages atypiques qui réussissent à captiver l'attention. La quatrième de couverture ne se prive d'ailleurs pas de l'annoncer (même si je ne m'e…

Breach [Bob Harras / Marcos Martin]

Brève série de 11 numéros, Breach à l'immense avantage de pourvoir être lue sans connaissances préalables de ce qu'il est plus ou moins convenu d'appeler l'univers DC Comics. Envisagé comme une relance de Captain Atom, un personnage qui a notamment fait partie de l'écurie Charlton et a servi de modèle au Dr Manhattan, le personnage éponyme endossera finalement les atours du nouveau venu. 
Création de Bob Harras et de Marcos Martin, cette pourtant excellente série n'a visiblement pas été très soutenue par l'éditeur et, conséquences inévitables, n'a pas trouvé son lectorat. Je fais d'ailleurs partie de ceux qui sont passés totalement à coté.
Sacrifiée sur l'autel de la rentabilité, Breach mérite pourtant qu'on lui prête attention. 

       Le premier numéro, de 28 planches (extra-sized) donne d'ailleurs immédiatement le ton.
Plongé directement dans l'action, le lecteur découvre que l'articulation de la série se fera au travers d'un