mercredi 18 mai 2011

Tim Tonus & les Illisibles

... Aujourd'hui je vous propose un billet un peu différent, dans la mesure où il s'agit d'une nouvelle que j'ai écrite.

Tout a commencé il y a quelques temps déjà, j'ai eu l'idée d'une histoire qui petit à petit s'est construite pour donner quelque chose dont le résultat me plaît beaucoup. Cependant en tentant d'étoffer celle-ci, je me suis rendu compte qu'écrire de petites historiettes était le moyen le plus agréable et le plus "productif", en voici une ...



... Un épais brouillard écrasait Versailles, si épais qu'il étouffait les bruits de la nuit et masquait toutes traces de vie à moins d'avoir le nez dessus.
Non pas qu'en cette heure avancée de la nuit les noctambules se pressaient aux alentours ; hormis les silhouettes furtives que distinguait à peine Tim Tonus, poussant une sorte d'armoire en direction du Château ...

... Si depuis le traité liant l'Angleterre et la France une sécurité particulière autour de ce qui était devenu le siège du pouvoir exécutif de la Frangleterre avait été mise en place, elle n'était semble-t-il pas suffisante face à un groupe d'opposants déterminés pensa à part lui Tim.
Et des groupes opposés à l'alliance voulue par la reine Elizabeth II et le Premier ministre Guy Mollet ce n'était pas ça qui manquait ; devenir un satellite colonial de la Couronne Britannique n'était pas du goût de tout le monde. Si certains avaient choisis la politique pour faire entendre leur désaccord, d'autres avaient préféré l'action certes clandestine mais surtout directe. Quand d'aucuns jouaient sur les deux tableaux. Il n'échappait à personne en tout cas que les empires de part et d'autre de la Manche, se réduisaient comme des peaux de chagrin en ce milieu de XXième siècle .
Soudain, perçant les nuées et le brouillard la Lune éclaira le parc du Château alors que l'un des séparatistes regardait dans sa direction. Trop tard !
C'était plutôt cocasse songeât Tim en atterrissant souplement sur le sol humide et frais, que ce soit la Lune la plus solide des colonies anglaises qui le trahisse.
Détendu Tim jaugea la menace. Une huitaine d'hommes lui faisait face, protégeant la progression du reste du groupe qui poussait toujours 'l'armoire" en direction du Château. Affronter un nombre aussi important d'adversaires aurait été suicidaire pour tout autre que lui, heureusement sa maîtrise du Fulchibaritsu lui donnait un léger avantage.

Si la Frangleterre était le résultat de l'union de deux vieilles nations, le Fulchibaritsu avait une origine bien plus ancienne. Lors de ses conquêtes Alexandre le Grand avait poussé jusqu'en Inde, c'est là, né de la rencontre de deux cultures qu'avait germé ce qui allait devenir le Fulchibaritsu : un art guerrier mariant techniques de Lutte, de Pancras et de Wu-Shu ; qui grâce à l'apport de la philosophie orientale et occidentale allait transcender le seul aspect physique pour aller au-delà. Le Fulchibaritsu était un art de combat méta-physique.
Ce qui pour le commun des mortels n'apparaissait que comme des enchaînements d'esquives, de blocages ou d'atemis était aussi une pantomime agissant à l'instar d'un sigil, un sceau aux propriétés magiques. Ainsi, à l'insu de ses adversaires ce n'était pas seulement un genou qu'il disloque ici, suivit d'une mâchoire fracturée là et d'un balayage, c'est aussi la balle d'un revolver qui ralentit au mépris de lois  de la physique laissant à Tim Tonus le temps de l'éviter. C'est encore cet adversaire qui s'effondre sans raison apparente ou tel autre projeté contre le tronc d'un arbre sans que quiconque ne le touche.
Mais, même le Fulchibaritsu à ses limites surtout face à une opposition composée de membres des Illisibles l'une des factions la plus redoutable du pays.

Les huit hommes qui lui avaient fait face n'avait été qu'une contre mesure destinée à le ralentir et permettre au reste du commando d'arriver à ses fins.

Les deux battants de "l'armoire" venaient de s'ouvrir, Tim Tonus distinguait une forme, énorme, monstrueuse ... le temps se figea, littéralement. Un Homme-cathédrale !
Les Illisibles n'avaient pas craint d'introduire un tel paramètre dans la partie qui se jouait. Si les Hommes-cathédrales étaient rares, leur puissance était inversement proportionnelle à leur petit nombre.

Tim Tonus
Un Homme-cathédrale,  capable de faire de n'importe quelle construction humaine une carapace, jusqu'à ravager une ville entière. On ne savait pratiquement rien d'eux, rien sauf qu'il était quasiment impossible de les contenir .... sauf pour les Illisibles et le professeur Quombien.

... Le professeur Quombien, l'une des sommités scientifiques de son époque, avait découvert que la gare de Perpignan était une sorte de tissu cicatriciel de l'espace-temps ; une porte vers le Plurivers.
Cette découverte avait donné naissance à une nouvelle branche de la physique : la physique wold newtonienne, dont le professeur Quombien était le plus illustre représentant et pour le coup la seule issue possible de Tim Tonus.




Si Phileas Quombien était un grand scientifique, Tim Tonus était de ceux dont les journaux à sensations aiment à dire que "l'aventure coule comme une liqueur forte dans ses veines". Il était aussi un maître du Fulchibaritsu, un virtuose de l'Hyperstition et contrairement à Quombien le monde lui apparaissait selon un modèle sorcier ... ce qui avait aussi des avantages, ainsi c'est lui qui avait eu l'idée de tailler des coins dans les traverses de chemin de fer de la gare de Perpignan, leur QG. 


... La proximité d'un Homme-cathédrale avec le château de Versailles commençait déjà à produire un effet : une courbure de mauvais augure apparaissait sur les murs, le sol tremblait sous l'action des fondations qui cherchaient à sortir de leur prison de terre, les vitres se fendillaient ... il n'était plus temps de tergiverser.
Tim prit son élan, et sous l'action des ses puissants muscles se catapulta sur l'Homme-cathédrale dont la taille avait déjà singulièrement augmentée. Utilisant sa science de l'escalade il se retrouva à califourchon sur la nuque de cette puissance venue d'ailleurs, ni une ni deux Tim sorti le coin de bois de son étui isolant et le planta profondément dans le cou de la créature ....
Une sensation de chute saisie instantanément le jeune homme qui perdit presque connaissance .. se retrouver à quatre pattes au milieu d'une voie de chemin de fer le cœur au bord des lèvres limitait forcément l'utilisation des coins, mais au moins l'Homme-cathédrale avait été neutralisé. Il était là, immobile, comme pétrifié dans l'enceinte de la gare de Perpignan.



Une sensation de stupéfaction que partagera bientôt la Frangleterre, mais ça, Tim Tonus et le professeur Quombien l'ignoraient encore ....


(À suivre ....)

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