Accéder au contenu principal

Armageddon rag



... "On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs" dit-on ; "je vois bien les œufs cassés, mais où est l'omelette" se demande Sandy Blair écrivain en panne d'inspiration à qui son ancien patron demande de faire un papier sur la mort d'un impresario.
Mais pas n'importe lequel, Jamie Lynch, celui qui s'occupait du Nazgûl,  le groupe de rock mythique de la fin des sixties, celui dont le chanteur a pris en 71 une balle en pleine tronche lors d'un concert.
Et la mort de Lynch est tout aussi surprenant : on lui a arraché le cœur ! Preuve qu'il en avait un disent les mauvaises langues. 

Sandy Blair a été journaliste pour le Hedgehog avant de s'en faire virer, le Hedgehog était à cette époque un journal contestataire, et pour Blair la contre-culture a été l'eau de son aquarium, une eau dans laquelle il va replonger ...

Mais comme le disait fort justement Howard Philipps Nietzsche : Si tu regardes dans l'abîme, l'abîme regarde aussi en toi. D'événements en causalités, de corollaires en hasards, Blair va ressentir la nécessité de faire partie du problème ; en sera-t-il pour autant  la solution ? Nous le saurons (sic) en lisant ce roman.   

George R. R. Martin (auteur du Trône de Fer  notamment, romans qui à leur tour ont  donné la série télévisée Game of Thrones) réussit avec Armageddon rag un sacré bon roman : mélange d'une époque (les années 60) fertile en événements propices à devenir une "nouvelle mythologie"  ; comme on peut encore surtout le constater aujourd'hui, peinture du milieu de la musique, au travers des membres du Nazgûl, et lente descente dans l'horreur et le macabre pour Sandy Blair rejeton d'un journalisme contre-nature celui né de la copulation d'Hunter S. Thompson (Las Vegas Parano) et de Tom Wolfe (Acid Test) au pays du Flower Power et des Wearthermen

Avec Armageddon rag l'auteur prouve s'il en était besoin, que certaines musiques sont favorables à "réveiller les morts" (Tipper Gore avait donc raison ?!).


... J'ai pour ma part découvert ce roman il y a plus de 20 ans, et le relire aujourd'hui m'a procuré le même  plus de plaisir encore, savourant par avance ce dont je me souvenais et surpris par ce que j'en avais oublié.

Même s'il n'est pas question à proprement parlé de Satan dans ces pages, il me semble intéressant d'écouter ce balado ne serait-ce que pour la concomitance des époques et l'esprit sulfureux qui anime l'un et l'autre.  

Commentaires

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer
  2. et bouquin traduit par Jean Bonnefoy, le spécialiste (en france) du rock science-fictif sous acide.

    RépondreSupprimer
  3. (ah oui - j'y pense en lisant le texte sur Crowley - enfin bref, Crowley fut (parait-il) espion pendant la seconde guerre mondiale - faits rapportés par un de ses proches, George Langelaan, écrivain / espion / occultiste)

    RépondreSupprimer
  4. @ Broussailee307 : merci pour l'info, amigo.

    @ Zait : merci de ton passage.

    @ ROBO32.EXE, oubli d'autant plus injustifiable que Jean Bonnefoy ne tire pas à la ligne. Merci.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Doctor Strange Legacy [Cates / Hernández Walta / Duclos]

La curiosité m'avait poussé, il y a 4 ou 5 ans, à m'intéresser au travail d'un nouveau venu du nom de Donny Cates. Depuis il a fait son petit bonhomme de chemin et est devenu un scénariste en vue de la Maison des idées™.
Et c'est tout à fait mérité.

Donny Cates n'est pas le genre à vouloir réinventer la poudre, pour finalement accoucher d'un pétard mouillé (qui a dit Tom King ?). Son domaine c'est le divertissement, l'évasion, et très souvent un excellent moment de lecture. 

Cette reprise de la série « Doctor Strange », 5 numéros mensuels compilés dans ce premier tome, en est la carte de visite idéale. 

Si l'adaptation cinématographique du personnage, créé par Stan Lee & Steve Ditko en 1963, lui a permis de retrouver les têtes de gondole des comics shop, on est toutefois passé par un petit lifting façon Jason Aaron & Chris Bachalo [Pour en savoir +] pour la version bande dessinée.

Mais rassurez-vous, ne rien connaître du personnages et de ses pré…

Le pot au noir [Robert Ferrigno / Hubert Galle]

Ce roman m'a été recommandé par Duane Swierczynski [Pour en avoir +]. Jeune lecteur encore adolescent, assidu de Sf et de fantastique, Swierczynski est entré dans le monde du polar et du thriller, grâce au roman de Robert Ferrigno.
« Le pot au noir » commence comme un roman policier tout ce qu'il y a de plus conventionnel : une disparition inquiétante, un suspect tout ce qu'il y a de crédible, et un duo de flics. L'ambiance rappelle celle de la série «Miami Vice», mais l'histoire se passe sur la côte Ouest des U.S.A..
D'une certaine manière, les premiers chapitres pourraient desservir ce roman, en en cachant ce qui fera son originalité, sous le vernis du tout venant.
Sauf que dès le départ, Robert Ferrigno, traduit par Hubert Galle pour les éditions Flammarion, a la bonne idée de peupler son ouvrage de personnages atypiques qui réussissent à captiver l'attention. La quatrième de couverture ne se prive d'ailleurs pas de l'annoncer (même si je ne m'e…

Deathlok [Charlie Huston / Lan Medina]

Les remakes, relaunchs, reboots, voire les réécritures de « classiques » façon littérature de genre, sont devenus omniprésents dans le divertissement de masse. Rien qui ne puisse, un jour ou l'autre, se voir  « updater ».
En 2009-2010, c'est au tour de Deathlock, un personnage créé par Rich Buckler & Doug Moench pour Marvel [Pour en savoir +], et qui n'a jamais vraiment trouvé sa place chez l'éditeur des Avengers et consorts, de se voir offrir un nouveau tour de piste. C'est à Charlie Huston, auréolé de son run sur la série consacrée à Moon Knight, qu'on a commandé un scénario qui devra tenir sept numéros mensuels. Huston est, avant de travailler pour la Maison des idées™, d'abord connu pour ses romans. C'est via son agent littéraire qu'il a mis un pied dans la BD, au moment où Marvel recrutait en dehors de sa zone d'influence. Cela dit, il reconnaît une attirance pour la SF contractée dès son plus jeune âge ; et particulièrement pour les u…