mardi 10 mai 2011

Armageddon rag



... "On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs" dit-on ; "je vois bien les œufs cassés, mais où est l'omelette" se demande Sandy Blair écrivain en panne d'inspiration à qui son ancien patron demande de faire un papier sur la mort d'un impresario.
Mais pas n'importe lequel, Jamie Lynch, celui qui s'occupait du Nazgûl,  le groupe de rock mythique de la fin des sixties, celui dont le chanteur a pris en 71 une balle en pleine tronche lors d'un concert.
Et la mort de Lynch est tout aussi surprenant : on lui a arraché le cœur ! Preuve qu'il en avait un disent les mauvaises langues. 

Sandy Blair a été journaliste pour le Hedgehog avant de s'en faire virer, le Hedgehog était à cette époque un journal contestataire, et pour Blair la contre-culture a été l'eau de son aquarium, une eau dans laquelle il va replonger ...

Mais comme le disait fort justement Howard Philipps Nietzsche : Si tu regardes dans l'abîme, l'abîme regarde aussi en toi. D'événements en causalités, de corollaires en hasards, Blair va ressentir la nécessité de faire partie du problème ; en sera-t-il pour autant  la solution ? Nous le saurons (sic) en lisant ce roman.   

George R. R. Martin (auteur du Trône de Fer  notamment, romans qui à leur tour ont  donné la série télévisée Game of Thrones) réussit avec Armageddon rag un sacré bon roman : mélange d'une époque (les années 60) fertile en événements propices à devenir une "nouvelle mythologie"  ; comme on peut encore surtout le constater aujourd'hui, peinture du milieu de la musique, au travers des membres du Nazgûl, et lente descente dans l'horreur et le macabre pour Sandy Blair rejeton d'un journalisme contre-nature celui né de la copulation d'Hunter S. Thompson (Las Vegas Parano) et de Tom Wolfe (Acid Test) au pays du Flower Power et des Wearthermen

Avec Armageddon rag l'auteur prouve s'il en était besoin, que certaines musiques sont favorables à "réveiller les morts" (Tipper Gore avait donc raison ?!).


... J'ai pour ma part découvert ce roman il y a plus de 20 ans, et le relire aujourd'hui m'a procuré le même  plus de plaisir encore, savourant par avance ce dont je me souvenais et surpris par ce que j'en avais oublié.

Même s'il n'est pas question à proprement parlé de Satan dans ces pages, il me semble intéressant d'écouter ce balado ne serait-ce que pour la concomitance des époques et l'esprit sulfureux qui anime l'un et l'autre.  

5 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  2. et bouquin traduit par Jean Bonnefoy, le spécialiste (en france) du rock science-fictif sous acide.

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  3. (ah oui - j'y pense en lisant le texte sur Crowley - enfin bref, Crowley fut (parait-il) espion pendant la seconde guerre mondiale - faits rapportés par un de ses proches, George Langelaan, écrivain / espion / occultiste)

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  4. @ Broussailee307 : merci pour l'info, amigo.

    @ Zait : merci de ton passage.

    @ ROBO32.EXE, oubli d'autant plus injustifiable que Jean Bonnefoy ne tire pas à la ligne. Merci.

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