vendredi 20 janvier 2017

INJECTION (W. Ellis/D. Shalvey/J. Bellaire)

INJECTION tome 1
De la maîtrise du feu à la création d'internet, l'évolution de l'humanité a progressé au rythme de ses découvertes et inventions fondamentales. Aujourd'hui grisé par la compétition, l'Homme a cependant besoin de plus, plus vite.
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Contient : Injection vol.1 (#1-5)
Collection : Urban Indies
Date de sortie : 20 janvier 2017
Prix (de lancement) : 10 €

« La technologie moderne, contrairement aux apparences, bien qu'elle soit scientifique, décuple le pouvoir des fantômes. L'avenir est aux fantômes » Jacques Derrida
…. Ce qui rend INJECTION si captivante, ce n’est pas l’histoire en tant que telle. À savoir un groupe d’individus qui décident de créer quelque chose pour « précipiter le futur », qui est après tout l’ambition d’un large pan de la littérature de science-fiction.
Non, ce qui rend cette histoire unique à mes yeux, c’est la manière qu’a Warren Ellis de la raconter.
L’hantologie est nous dit-on, culturellement parlant, une manière de construire des œuvres nouvelles & contemporaines, à partir de traces venant du passé. Une sorte d’upcycling, ou « surcyclage » créatif.

L’unité des Contaminations Culturelles Croisées

-Professeur Maria Kilride = Pr. Bernard Quatermass
-Simon Winters = James Bond
-Vivek Headland = Sherlock Holmes
-Robin Morel = John Silence ?
-Brigid Roth = ? (l’archétype du hacker ?)
Et d'une manière plus générale, INJECTION est l’exploitation par Ellis d'une certaine « britannitude » culturelle, si je puis dire. Ainsi ce premier tome ne dépareillerait pas dans une saison de la série Doctor Who, voire de Torchwood
Il y a déjà pas mal de temps que le scénariste accorde une place prépondérante à l'aspect formel de ses comic books
Ses derniers travaux ont cependant accéléré ce penchant (Moon Knight, Karnak). 

Il n’est plus question pour lui, de proposer le motif érodé du patron dialectique : introduction, thèse, antithèse, foutaise, mais plutôt une sorte de puzzle narratif où le lecteur devient en quelque sorte un narrateur bis. 
Cet aspect formel lui fait parfois oublier le fond, mais lorsqu’il réunit les deux, ses scénarios accouchent d’histoires à nulles autres pareilles ; pleines de sense of wonder et de cognitive estrangement. Comme ici avec INJECTION. 
Condition sine qua none, les artistes avec qui il travaille doivent être des pointures. 

Et INJECTION dispose, fort heureusement, de ce qui se fait de meilleurs en termes de dessin et de colorisation. Postes respectivement occupés par Declan Shalvey & Jordie Bellaire. 
Loin d’être un obstacle à l’imagination du lecteur leurs (magnifiques) planches en sont des exhausteurs, dont le storytelling laisse pantois.
Excalibur version surcyclage
…. En résumé, ce premier tome d’INJECTION qui regroupe les cinq premiers numéros (/25) de la série mensuelle, vendu au prix attractif & de lancement de 10 €, par Urban Comics et traduit par Alexandre Nikolavitch, est une pure merveille. 

Une sorte de précipité de tout ce qu’a expérimenté Warren Ellis, avec plus ou moins de bonheur, depuis que nous sommes entrés de plein pied dans le XXIe siècle.


Scénario : 12/10 
Dessin : 12/10 
Appréciation globale : Une bonne histoire de S-F ne prévoit pas l'automobile mais l'embouteillage

6 commentaires:

  1. Lu en VO, acheté en VF. Excellente traduction d'Alexandre Nikolavitch, même si j'ai renâclé devant le terme "rebouteux". Lecture électrisante et addictive qui vous pousse à lire et relire les épisodes déjà parus dans l'attente du prochain shoot.
    Rassurez-vous : la suite est encore meilleure.

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    1. Salut,
      "cunning man" n'est pas non plus facile à traduire (ou plutôt si, mais ce n'est guère parlant), et vu le contexte je trouve que "rebouteux" est un fort joli choix.

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  2. Je n'ai pas encore commencé cette série, mais je viens de finir les 2 premiers tomes de Trees dans lesquels j'ai également été sensible à l'aspect prépondérant de l'aspect formel.

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    1. Trees, j'avais lu les 2 ou 3 premiers floppies, et je n'avais pas été convaincu.
      Mais la lecture d'Injection, m'a donné envie de me refaire du Ellis.
      C'est du bon ?

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    2. Je viens de finir le deuxième tome et j'en suis ravi. Des extraterrestres gigantesques et passifs s'implantent sur Terre. Ellis s'amuse à montrer comment cette présence influe inconsciemment sur la psyché de plusieurs individus à différents endroits du globe. Jason Howard se montre à la hauteur des exigences du scénario, avec des dessins simplifiés, mais une mise en scène impeccable. du 5/5.

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    3. Okidoki, je vais m'y remettre, en laissant du temps au temps. Pour voir.

      Merci.

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