Accéder au contenu principal

Le grand éveil [Kim Newman / Patrick Marcel]

Bay City, au début de 1962.
Un détective dur-à-cuire affronte, à son insu, une menace bien plus grande que celle que fait peser Hiro-Hito sur la côte ouest des États-Unis.

« Hammett a sorti le roman policier du vase vénitien où il se trouvait, pour le jeter dans la rue. » Et Kim Newman y a invité Ceux des profondeurs.
            « Le grand éveil » est une nouvelle relevant de ce qu’on pourrait appeler l’Esthétique de la fusion©. C’est-à-dire des récits où se mélangent les genres (science-fiction, polar, espionnage, thriller, etc.), pour faire, eux-mêmes, genre. 
Cela dit « Le grand éveil » est surtout un texte qui en a conscience, et qui pousse le mélange jusqu’au pastiche. (À consommer sans modération). 
Il s’agit en effet d’une histoire de détective à la Philip Marlowe, mais qui se retrouverait au sommaire de Weird Tales. Le pulp magazine bien connu qui a accueilli, notamment, H.P. Lovecraft. 
Cette nouvelle fait cependant partie d’un plus vaste projet éditorial, le Diogenes Club, dont les membres font ici de la figuration. Le club en question, est en vérité une couverture pour une des nombreuses branches des services secrets de Sa Majesté, spécialisée, pour ce qui la concerne, dans les cas qui sortent franchement de l’ordinaire. Et dont les aventures ont fait l'objet de trois recueils (qui n'ont pas été traduits en français).

            Si Kim Newman ne néglige pas l’intrigue proprement dite de sa nouvelle, « Le grand éveil » vaut surtout pour le plaisir que procure les références, les clins d’œil, et le style dit « hardboiled ». Lequel a vu le jour dans un autre pulp magazine célèbre, Black Mask. Style que Newman pousse ici jusqu’à la caricature. 

« Zébra Trois !! Zébra Trois !! Vous me recevez !? »

Ainsi « Le grand éveil » est-il une évocation du roman noir bien connu  Le grand sommeil  de Raymond Chandler, et du soi-disant « mythe » de Cthulhu, celui qui « rêve et attend ». 
Bay City, où se déroule l’action, est une Los Angeles fictive, également siège des aventures de Starsky et Hutch
Kim Newman mélange aussi des personnages réels, qui ont fait des choses qui ne le sont pas forcément, avec de pures inventions. Difficile en tout cas de faire le tour de la question.

            Reste une histoire fort sympathique, qu’une connaissance, au moins superficielle des mauvais genres de la culture de masse, aide à rendre encore plus agréable. 
On la trouve dans le recueil Privés de futur (aux éditions Bifrost™/Étoiles vives™), et dans Les nombreuses vies de Cthulhu de Patrick Marcel. 
Lequel se charge, avec le brio qu’on lui connait, de la traduire dans les deux cas. 

Ftaghn ! Bang ! Bang !

Une nouvelle qui en tout cas ne sera pas privée de challenge, puisqu'elle se joint à celles déjà récapitulées par Yogo.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le KU KLUX KLAN (3)

... Quelque soit son véritable poids idéologique ou même politique aujourd'hui, le Ku Klux Klan a déteint sur la culture de masse ; qui n'a pas entendu parler de la célèbre marque de cigarettes  Marlboro et des trois "K" présents sur son paquet, d'un homme qui en regarde un autre pendu (dont on ne verrait que les jambes), et sur la troisième image : la silhouette d'un Klansman ...  (liste non-exhaustive) . Marlboro n'est d'ailleurs pas la seule marque de cigarettes à avoir eu droit à des investigations sur la signification du design de son paquet de cigarette, Camel aussi. Dés les débuts du Klan , le bruit court que ces cavaliers "surgis hors de la nuit" sont les fantômes des soldats Confédérés morts au combat, des soldats qui ayant vendu leur âme au Diable sont de retour ici-bas et annoncent l'Apocalypse. Le nom même du groupuscule a longtemps était entendu comme le bruit que fait la culasse d'un fusil lorsqu'on l...

The Words

... The Words ( Les Mots ) est un film qui avait tout pour me séduire : le roman en tant qu'élément principal, des acteurs que j'aime bien ; D ennis Q uaid, J eremy I rons, J . K . S immons et B radley C ooper. Éléments supplémentaire l'histoire se révèle être une histoire dans l'hisitoire. Ou plus exactement un roman à propos de l'écriture d'un roman, écrit par un autre ; entre fiction et réalité.  Je m'explique. Clay Hammon fait une lecture public de son dernier livre The Words dans lequel un jeune auteur, Rory Jansen , en mal de reconnaissance tente vaille que vaille de placer son roman chez différents éditeurs. Cet homme vit avec une très belle jeune femme et il est entouré d'une famille aimante. Finalement il va se construire une vie somme toute agréable mais loin de ce qu'il envisageait. Au cours de sa lune de miel, à Paris , son épouse va lui offrir une vieille serviette en cuir découverte chez un antiquaire, pour dit-elle qu'...

Juste cause [Sean Connery / Laurence Fishburne / Ed Harris / Kate Capshaw]

« Juste Cause 1995 » est un film qui cache admirablement son jeu.             Paul Armstrong , professeur à l'université de Harvard (MA), est abordé par une vieille dame qui lui remet une lettre. Elle vient de la part de son petit-fils, Bobby Earl , accusé du meurtre d'une enfant de 11 ans, et qui attend dans le « couloir de la mort » en Floride . Ce dernier sollicite l'aide du professeur, un farouche opposant à la peine capitale.   Dès le départ, « Juste Cause 1995 » joue sur les contradictions. Ainsi, Tanny Brown , « le pire flic anti-noir des Everglades », dixit la grand-mère de Bobby Earl , à l'origine de l'arrestation, est lui-même un africain-américain. Ceci étant, tout le film jouera à remettre en cause certains a priori , tout en déconstruisant ce que semblait proposer l'incipit du film d' A rne G limcher. La déconstruction en question est ici à entendre en tant que la mise en scène des contradictions de situations ...